PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE
de quel droit m'inlerdirait-on d'espérer que demain un système plus parfait d'analyse pourra y en démontrer une proportion plus considérable ?
Mais il y a plus : admettons, je le veux, que la chimie ait, dès à présent, dit son dernier mot. Cette quantité infinitésimale de mercure doit-elle être appréciée quant à sa puissance curative, à l'égal des sels que nous dissolvons dans nos laboratoires? Une extrêmement petite quantité de soufre ou d'alcali contenu dans les eaux de Barèges ou de Vichy guérit en 25 ou 30 jours des affections réfractaires jusque-là aux plus hautes doses officinales de sulfure de potassium ou de bicarbonate de soude. La nature s'est-elle défendu le même privilège dans les combinaisons qu'elle opère au sein de l'organisme vivant? Un adage vulgaire nous apprend que l'homme vit par ce qu'il digère, non parce qu'il mange. De même, c'est le médicament absorbé, non le médicament ingéré qui opère laguérison. Et si une molécule mercurielle réduite par la sécrétion laiteuse à l'état de combinaison le plus propice à son action médicatrice, déposée dans l'excipient le plus conforme aux conditions spéciales qu'offre le nourrisson, arrivant incessamment dans son estomac, y parvient sous une forme et aux moments où son passage dans le système absorbant est assuré; si, de plus, cette molécule, (les faits le prouvent), suffit à le guérir..., au nom de quelle science voudriez-vous comparer ses effets à ceux de la parcelle d'un sel que vous lui faites, deux fois par jour, avaler à contre-cœur,
sans même savoir s'il ne sera pas immédiatement rejeté intact par les selles?
Si l'expérience ne prouve pas que le traitement indirect est le meilleur, elle établit tout au moins qu'il peut quelquefois suffire ; et la théorie, on vient de le voir, ne dément point ici le témoignage de l'observation. Soit comme ressource indispensable, alors que l'enfant ne supporterait aucune médication directe, soit à titre d'auxiliaire utile dans les cas où un danger pressant commande de multiplier les secours, il doit donc être conservé. Sans lui donner jamais son sens absolu, le praticien n'oubliera point, à propos de la syphilis, le précepte d'Hippocrate : Laclanlium cura Iota in meclicatione nutricum. — L'avantage de faire passer parla nourrice le remède destiné à l'enfant est encore bien plus palpable lorsque c'est l'iodure et non le mercure qu'il est indiqué de prescrire. Ce médicament, en effet, peut être pris impunément à des doses si élevées, et il arrive en natui'e dans toutes les sécrétions avec une telle facilité que l'enfant en reçoit parce moyen une quantité assurément bien suffisante pour sa guérison. J'ai déjà cité, d'après M. Bassereau, des observations pleinement confirmatives de cette manière de voir.
Uneânesse ou une chèvre, frottées d'onguent mercuriel sur des régions préablement rasées, peuvent, à défaut de la nourrice, fournir un lait médicamenteux. L'usage en a été recommandé par beaucoup d'anciens syphilographes : et, si l'on en croit Swédiaur, « dans