PARTIE V. — THÉRAPEUTIQUE
Sans discuter ici la question de savoir si le foie forme la bile ou s'il la sépare seulement du sang, il est positif que son rôle dans la digestion est capital ; et nul, que je sache, ne voudrait soutenir que l'élaboration des matières déposées dans le canal digestif est aussi complète en l'absence qu'avec le concours de la sécrétion biliaire normale.
D'un autre côté, le passage, la filtration à travers le foie des substances charriées de l'intestin par la veine porte, est une condition essentielle pour leur digestion régulière.
Or, lorsque le tissu hépatique est frappé de l'induration décrite par M. Gubler, les conséquences les plus ordinaires de cette altération sont, nous l'avons vu, la suspension de la sécrétion biliaire normale et V effacement des vaisseaux de son parenchyme.
Donc, et la conséquence ne paraîtra sans doute pas forcée, donc la digestion doit subir par le fait de cette lésion une influence dont les effets, d'ailleurs, se trahissent assez par le dépérissement exceptionnellement rapide qu'on observe chez les sujets qui en sont atteints.
Mais on méconnaîtrait une partie notable des dangers de cette perturbation si on la limitait à la digestion des aliments. Les médicaments éprouvent un obstacle, un arrêt tout semblable : et sans devenir absolument inefficaces, ils doivent perdre ainsi une part considérable de leur pouvoir. L'enfant se trouve donc à la fois menacé, dans ce cas, et par les entraves
qu'éprouve la nutrition et par celles qui s'opposent à la pénétration des remèdes indispensables.
Si maintenant l'on considère la fréquence de cette altération, la difficulté d'en diagnostiquer de bonne heure la présence, l'effet entièrement analogue que doit produire l'engorgement, assez commun aussi dans ce cas, des ganglions mésentériques, on s'accordera, je pense, à reconnaître l'utilité des nouvelles données que je me contente ici de faire entrevoir. Si elles sont justes, un intérêt extrême s'attacherait aux lésions du foie ; et il y aurait urgence à multiplier les recherches pour déterminer les conditions étiologiques spéciales qui président à leur développement, pour perfectionner les moyens de constater ces désordres de bonne heure, dès la naissance s'il est possible.
Du reste, en l'état actuel, puis qu'il n'y a moyen ni de prévoir cette altération, ni même de la reconnaître avant qu'elle se soit signalée par ses effets les plus graves, il faut toujours la supposer, dès qu'elle est possible, ou, du moins, être prêt à agir comme si elle existait. Aussi, verrais-je des symptômes constitutionnels bien caractérisés résister à l'administration des spécifiques par la bouche?. . . Averti par les notions précédentes, j'en conclurais à la possibilité de l'induration du foie ; et cette présomption me suffirait pour modifier mon plan thérapeutique. En conséquence, je m'adresserais avec confiance, avec énergie à l'absorption cutanée, la seule voie qui souvent me fût alors oiferte, l'inflammation spécifique du poumon com-