‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 180 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

pliquant assez habituellement la lésion du foie.

Ces considérations n'ouvrent pas seulement au traitement externe des indications plus fréquentes qu'autrefois, elles donnent à ces indications des motifs tout différents de ceux qu'on leur reconnaissait jusqu'ici. Ce n'est plus parce que le traitement intérieur pourrait être mal supporté par l'estomac qu'on administrera les médicaments à travers la peau : c'est uniquement parce qu'il y rencontrerait des obstacles mécaniques et vitaux à son effet. Il n'est plus condamné pour ses dangers, mais pour son insuffisance. Aussi ne proposé-je que de lui donner un auxiliaire et non de l'abandonner. Alors même que la lésion du foie serait évidente, il ne faut point discontinuer l'administration des antisyphilitiques par la bouche ; car n'y eût-il qu'une parcelle, qu'un grain de parenchyme intact, ce serait, avec un passage ouvert au remède, une chance de plus pour la cure. Mais tout en insistant sur les agents de cette espèce, il importe de multiplier sous toutes les formes ceux de la médication externe. On usera donc, et simultanément, et plus que quotidiennement, des frictions, des bains, des lotions, des emplâtres à demeure, et des fumigations, lesquelles ont aussi parfois leur efficacité.

L'indication spéciale du traitement par absorption cutanée existe aussi, pour l'enfant comme pour l'adulte, toutes les fois que la muqueuse gastro-intestinale est trop susceptible pour résister au contact irritant des mercuriaux ou des iodurés. Il faut même ici

39t) DE LA SYPHILIS DES NOUVEAU-NÉS.

une surveillance plus vigilante pour piessentir l'inflammation avant qu'elle n'éclate, et pour la prévenir dès ses premiers signes par la suppression du traitement interne. En effet, une bonne et régulière nutrition, besoin impérieux pour tous les âges, l'est plus encore pour les nouveau-nés, et plus encore pour celui qui est frappé de syphilis. S'il est un moyen de l'arracher aux périls de cette dyscrasie débilitante, c'est assurément en le soumettant à une alimentation pleinement réparatrice. Doublet l'avait bien observé lorsque, après avoir dit que presque tous les nouveau-nés syphilitiques nourris par le lait de chèvre, l'eau de riz, le rin, etc., succombaient, il ajoute (') : « si quelques-uns ont été arrachés au danger, c'est qu'ils ont été remis aux nourrices. » 11 n'est pas un auteur spécial qui n'en ait formulé la recommandation expresse; et toute médication essayée en l'absence de cet indispensable auxiliaire serait d'avance condamnée à l'impuissance. Si donc, l'emploi des médicaments à l'intérieur fatigue l'estomac, détermine de la diarrhée, du ballonnement, des plaintes et une expression de souffrance des traits plus marquée pendant les quelques heures qui suivent leur ingestion ; si des vomissements surviennent dans la même circonstance ; si surtout il se déclare de l'amaigrissement, n'attendez pas des désordres plus graves pour changer de méthode. La substitution des topiques aux remèdes in-

(') Mémoire sur les sympt. et le trait, de la mal. vénér., p. 61.

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