‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 182 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

qui n'avait offert que des symptômes secondaires. Quant à l'enfant, il avait, outre le coryza, une ulcération peu profonde à la voûte palatine , et vers l'anus des plaques rouges non saillantes dont quelques-unes étaient ulcérées superficiellement. Le traitement fut dirigé par M, Nélaton. — Tout en félicitant le malade de cet heureux résultat , il faut bien reconnaître que, soit dans les symptômes actuels de l'enfant, soit dans la maladie de ses parents , rien ne pouvait faire pressentir au médecin une syphilis tertiaire.

La réserve que je viens d'exprimer me semble d" autant plus rationnelle que, en parcourant les observations d'enfants véroles relatives à des lésions plus semblables aux lésions tertiaires de l'adulte , lorsque je trouve qu'ils ont guéri, je constate en même temps que ce n'est pas l'iodure qui a opéré cette terminaison favorable. Pour le pemphigus, M. Bertherand sauva son malade à l'aide du sublimé. Même médication et même succès dans les deux cas de M. Gaîligo. M. Depaul a dû à cette conduite un résultat tout aussi satisfaisant. — Quant aux lésions viscérales, comme elles n'ont presque jamais été reconnues jusqu'ici qu'à l'autopsie , peu d'auteurs ont tracé les règles du traitement qui leur convient. Je ne sache guère que M. Gubler qui ait abordé ce sujet, et il exprime nettement sa préférence pour l'iodure de potassium. Dans l'induration du foie « c'est à lui, dit-il, qu'il convient de s'adresser ( l ). » Malheureusement

(') Gaz. méd- de Paris, 1852, p. 358.

son assertion est plutôt démentie que confirmée par l'expérience ; car la seule guérison qu'il cite , et qui appartient à M. Cullerier, fut due à l'usage du protoiodure de mercure. M. Gubler avance, il est vrai, que cette combinaison pharmaceutique réunit jusqu'à un certain point les avantages du mercure et de l'iode. Mais la pratique contredit formellement une pareille allégation. C'est comme mercure, comme antisecondaire, que le protoiodure hydrargyrique a été préconisé par M. Ricord , que je l'emploie tous les jours, qu'il est ordonné universellement par les praticiens. Son triomphe est dans la seconde période : dans la troisième, quand les iodurés conviennent, il demeure, comparativement, impuissant. Ce n'est pas pour les besoins d'une doctrine que les faits changeront ; et les faits s'opposent de toute l'éloquence de leur langage libre et spontané à l'interprétation que M. Gubler voudrait faire prévaloir.

Et toutefois, malgré le résultat peu encourageant des essais tentés avec ce remède, nous ne voulons pas renoncer à l'espoir de lui voir prendre un jour en syphilis congéniale le rang qu'il occupe dans la thérapeutique des symptômes de l'adulte. Mais les recherches qu'on entreprendra dans cette voie devront se faire avec une réserve et des ménagements extrêmes. Il faudra prendre garde, tout en voulant guérir mieux et plus vite, de priver le malade du remède que l'expérience des siècles recommande comme spécifique bien suffisant. Ce sera donc en associant l'iodure au

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