‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 188 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

laisser empirer les désordres. Et d'ailleurs, cet accident, sans gravité quand on en surveille avec vigilance l'apparition, est toujours aisément et sûrement combattu par la suspension des mercuriaux.

Le ptyalisme, guide si précieux en général, a encore plus de valeur sous ce rapport lorsque le traitement ne consiste qu'en bains et en frictions. En effet, on peut approximativement doser un remède pris à l'intérieur; car on sait qu'il sera absorbé presque en entier, et l'on s'arrange en conséquence de cette donnée pour en augmenter progressivement la quantité et pour continuer son usage durant le temps que l'expérience commune a déterminé. Mais la pénétration à travers la peau est tellement variable selon une foule de conditions, tellement capricieuse, qu'il serait impossible d'en calculer l'effet, de savoir quand il faut modifier les proportions du médicament, le suspendre ou le laisser de côté, si l'on n'avait pas dans la stomatite on indice incapable de tromper sur ces points importants. Ce sera donc, surtout alors, le thermomètre à consulter de préférence aux vagues données fournies par les auteurs. Une fois qu'on a reconnu dans l'haleine de l'enfant cette légère fétidité caractéristique de l'effet mercuriel, on peut demeurer tranquille et diminuer les doses. L'impression du médicament sur l'économie est dès lors produite et produite à un degré suffisant. Le médecin a fait désormais, sous ce rapport du moins, tout ce qui était en son pouvoir ; et si la santé ne se rétablit pas, c'est dans d'autres sources de dangers

qu'il faut en chercher l'explication et le remède. Toutefois, il importe de laisser continuer, à un faible degré, cette irritation gingivale qui annonce l'intoxication mercurielle nécessaire à la guérison ; car la persévérance dans la dose qui agit est indispensable pour opérer une cure solide. Nous aurons d'ailleurs bientôt à revenir sur ce point. Ce que je voulais seulement établir ici c'est que, en face de lésions qui menacent de devenir mortelles, le praticien est suffisamment autorisé, je dirais même qu'il est obligé d'élever rapidement les doses jusqu'à ce qu'il ait amené un degré modéré du ptyalisme caractéristique.

La décroissance manifeste et graduelle des symptômes apparents serait un bon signe que l'effet des remèdes est suffisant. Si on la voit se produire, il est inutile de demander d'autres guides pour la détermination des doses. Mais, en général, on perdrait beaucoup de temps à vouloir l'attendre; et ce temps ici est très-précieux. Il faut, en outre, faire attention que la décoloration des syphilides, l'affaissement des plaques muqueuses peut survenir spontanément ou par de simples soins de propreté. On prendra donc garde de s'en laisser imposer par cette atténuation trompeuse ; et, tant que la constitution conservera l'empreinte spéciale, cachet de la syphilis, qui révèle des altérations internes sérieuses, tant que les forces, le sommeil, l'embonpoint manqueront, on devra insister sur le traitement et augmenter rapidement les doses. — Pour préciser davantage, je dirai que dans les cas graves,

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