‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 190 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

toutefois principalement ce dernier. Il faut aussi prendre en considération la manière plus ou moins prompte dont les symptômes apparents ont été modifiés par les remèdes. On a par là une idée exacte du degré particulier d'action curative qu'ils possèdent relativement à tel ou tel individu; car, de même que toutes les syphilis, tous les syphilitiques ne sont pas égaux à ce point de vue. — Les changements de nourrice, les affections vermineuses, le muguet, les convulsions, la diarrhée, les troubles de la dentition, le sevrage, etc.,... sont des causes d'évolution propres aux enfants ; elles peuvent occasionner des rechutes, et indiquer par conséquent la reprise ou la prolongation du traitement antisyphilitique. Mais chaque cas spécial suggère au médecin sa règle de conduite à ce sujet. Je ne puis ici que lui recommander de redoubler de vigilance à ces diverses époques ; de ne pas interrompre alors prématurément la médication avant d'avoir vu si la maladie n'acquerra pas à ce moment une force nouvelle, ou si, dans le cas où elle était précédemment éteinte, elle ne se manifestera pas derechef.

Toutes circonstances particulières mises de côté, il me paraît qu'un traitement de trois mois est suffisant chez le nouveau-né, à la condition que ce soit par le mercure, à la condition qu'il soit administré directement au malade lui-même. On comprend d'ailleurs que cette détermination à priori n'est et ne doit être qu'approximative. Observer les modifications

que le remède fait subir aux symptômes, étudier la tolérance de l'organisme et sa susceptibilité aux etfets du mercure, distinguer, parmi ces effets, ceux qui prouvent qu'il agit assez d'avec ceux qui font craindre qu'il n'agisse trop, sera toujours la meilleure manière d'arriver à fixer la limite la plus capable de rendre la santé aux enfants, de donner la sécurité aux familles. Lorsque le traitement indirect est seul possible, il faut, vu l'infériorité bien réelle de sa puissance curative, le continuer pendant beaucoup plus longtemps. L'emploi simultané de l'iodure potassique (jusqu'à ce que, du moins, la convenance de cet agent dans la syphilis congéniale ait été mieux déterminée) ne saurait autoriser à abréger l'administration du mercure. Auxiliaire précieux dans certains cas, il deviendrait plus dangereux qu'utile si on lui supposait cette propriété. — Quant au laps de temps durant lequel il faut le prescrire lui-même, il variera selon les indications et d'après les effets obtenus.

1 8. — De quelles précautions hygiéniques y a-t-il lieu d'entourer l'enfant pour favoriser l'aclion curative du irailement?

Nul âge ne semble au premier coup d'œil plus propice que celui-ci pour rassembler autour du malade toutes les conditions qui assurent l'effet des spécifiques. L'empire du médecin sur son malade est entier. On n'a pas, de sa part du moins, à craindre de ces omissions, à combattre de ces résistances, à prévenir de ces écarts de régime qui, chez l'adulte,

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