‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 191 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

paralysent souvent le traitement le mieux combiné.

Malheureusement d'autres influences neutralisent parfois le bon résultat de celles-ci. 11 faut, parmi elles, placer en première ligne ce qui concerne la nutrition, si difficile à effectuer régulièrement chez les enfants véroles. C'est là que doit porter l'incessante vigilance du médecin. Avant tout, il faut leur procurer une nourrice, et, autant que possible, une nourrice saine et robuste. J'ai déjà expliqué que, l'avantage d'un lait mercurialisé n'équivalant point à celui d'un lait normalement substantiel, mieux vaut renoncer au bénéfice du traitement indirect que de l'acheter en subissant une nourrice qui ne prend du mercure que parce qu'elle a la vérole et, conséquemment, une sécrétion mammaire de qualité inférieure.

L'allaitement naturel, difficile chez les particuliers, est fréquemment impossible dans les hôpitaux. Cause active de mort, l'allaitement artificiel, quelque soigneux, quelque perfectionné qu'on le suppose, ne doit être toléré que s'il y a obstacle absolument insurmontable à faire mieux. On se souviendra donc qu'une nourrice syphilitique, mais consentant à se laisser traiter, serait, dans ce cas, cent fois préférable au biberon. Une chèvre, une ànesse le remplaceraient également avec avantage. Et je ne saurais appeler hop fortement l'attention des administrations hospitalières sur la pressante nécessité d'organiser dans leurs établissements spéciaux des moyens d'allaitement de cette espèce.

Une circonstance bien significative démontre l'influence pernicieuse exercée par l'allaitement artificiel, en dehors de toute autre cause morbide. M. Yalleix ( J ) nous apprend que, à l'hôpital des enfants malades de Paris, un préjugé très-répandu parmi les employés de l'établissement les porte à considérer tous les enfants atfectés de maladies cutanées, même les plus simples, comme syphilitiques. En conséquence de cette opinion ils sont souvent privés de nourrices. Aussi une mortalité considérable, et qu'on ne manque pas de mettre sur le compte de la syphilis, a-t-elle lieu dans ces cas.

La température à entretenir autour des nouveaunés atteints de vérole est un des points les plus importants de leur hygiène spéciale. Des observations positives prouvent : 1 ° que le virus chancreux perd par la chaleur sa propriété d'être inoculable, tandis qu'il la conserve si on le maintient froid ; 2° que des syphilis constitutionnelles, jusque-là rebelles au traitement, guérissent très-facilement grâce au changement de résidence, à l'habitation dans un pays plus méridional; 3° que l'apparition ou la récidive des accidents secondaires ou tertiaires surviennent très-fréquemment à la suite d'abaissement de température, se font de préférence aux renouvellements des saisons , époques où les causes de refroidissements sont plus actives. — Si, d'autre part, on considère le besoin d'être ré-

(') Cliniq. des mal. d<-s cnf. nouv.-nés, IS36, p. 66f>.

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