PARTIE V. — THÉRAPEUTIQUE
chauffé, condition organiquement inhérente à l'enfant naissant; si l'on songe que l'exposition au froid est l'une des causes morbides qui moissonne le plus grand nombre des nouveau-nés, qui est le point de départ de leurs maladies les plus sérieuses (la pneumonie, l'érysipèle, le sclérème), on conviendra de l'utilité toute particulière qu'il y aurait à développer une chaleur assez forte, et surtout une chaleur continue dans le local consacré aux nourrissons syphilitiques. Les auteurs du xvi° et du xvn* siècle avaient bien reconnu l'effet avantageux d'une température élevée pour la cure de la vérole. S'ils l'exagéraient dans leurs éluves où l'on s'attachait à faire suer le virus par la transpiration aussi bien que par la salive, peut-être enfreignons-nous aujourd'hui trop légèrement ce précepte en accordant aux malades leur demande d'un traitement qui soit, avant tout, facile à suivre en secret et en voyage ! Dans tous les cas, si la sévérité des anciennes règles hygiéniques mérite d'être remise de temps en temps en vigueur, ce ne saurait être plus à propos que chez les nouveau-nés, où tant de revers attestent l'impuissance comparative des agents thérapeutiques qui réussissent ordinairement si bien sur les adultes.
Les excrétions doivent être l'objet d'une surveillance non moins assidue. Les orifices qui leur livrent passage étant ceux autour desquels se groupent le plus ordinairement les symptômes syphilitiques, on comprend toute l'importance d'une extrême propreté. Elle est d'autant plus nécessaire que le contact de l'u-
rine et des fèces compromet en outre le succès du traitement par frictions, en rendant la peau plus sujette àl'érythème spécial qu'elles produisent. Changer fréquemment de linge, réitérer les ablutions émollientes ou légèrement astringentes, multiplier les bains entiers plus qu'on ne le ferait s'il n'y avait pas syphilis, sont donc des soins qu'il ne faut jamais négliger. L'affaiblissement que la vérole produit, la chloroanémie qui en est une complication habituelle, la déglohulisation, effet des préparations mercurielies, tout indique assez que le régime des enfants syphilitiques doit être plutôt substantiel que ténu. 11 faut tenir compte de cette remarque dans les maladies intercurrentes des nouveau-nés vénériens. Les émissions sanguines devront alors être plus parcimonieuses, la diète moins prolongée, les toniques indiqués à plus haute dose. Parfois même l'état du sang nécessitera directement l'emploi des préparations ferrugineuses ou ferromanganiques, combinées ou non avec les mercuriaux.
| 9. — Quand et comment faut-il seconder l'influence du traitement général, parcelle d'un traitement local adressés tel ou tel symptôme?
En règle générale, il est avantageux de laisser marcher les symptômes syphilitiques d'eux-mêmes. Après avoir soumis l'individu qui en est porteur à l'action des spécifiques, on peut et on doit s'abstenir de toute médication locale. On le peut; car si le traitement conslitulionnel est suffisant, les manifestations