‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 2 sur 204 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Avant de discuter les opinions qui ont actuellement cours sur les divers modes de transmission de la syphilis à l'enfant, il importe d'étudier quel fondement ces opinions peuvent trouver dans la croyance de nos prédécesseurs ; par quels moyens elles se sont successivement accréditées ou ruinées dans l'esprit des médecins ; si celles qui nous paraissent aujourd'hui les plus respectables par l'ancienneté de leur origine sont le résultat d'observations sérieuses ou le produit de préjugés populaires.

Or, cet historique, qui n'a été qu'ébauché par Mahon et Rertin, va, tout d'abord, nous offrir ce fait singu-

lier, savoir : que la vérité, un moment entrevue et nettement esquissée par les écrivains de la première époque, s'obscurcit bientôt au milieu des contemplations spéculatives qui sacrifiaient l'étude des phénomènes objectifs de la maladie à l'aventureuse recherche de sa cause primordiale ; de telle manière qu'il fallut ensuite un changement complet dans les habitudes scienlitiques pour renouer la chaîne brisée des saines traditions et pour asseoir sur une base solide la détermination étiologique de la syphilis congéniale.

D'après Mahon, Mathiole (1536) serait le premier qui eût mentionné l'existence de la maladie vénérienne chez les nouveau-nés. Cependant, dès la fin du quinzième siècle, Gaspard Torella (1498) écrivait : «In pueris lactantibus prima infeclio apparet in ore aut in facie ; et hoc accidit propter mammas infectas, aut faciem, aut osnutricis, seualicujus alterius. Soient enim nutrices seepius infantes osculari, et seepius vidi infantem infectum hoc morbo militas nutrices infecisse. » Dans ce passage, il ne fait point allusion à la douteuse infection par le lait. Le propter mammas infectas prouve évidemment qu'il n'admet la transmission que par le contact d'une lésion locale de la nourrice avec quelque partie du corps de son nourrisson.

Catanée (1505) croit positivement à l'action infectueuse du lait de la nourrice, et conseille de ne point confier d'enfants à celles qui ont eu le mal français, alors même qu'elles en seraient parfaitement guéries ; car, ajoute-t-il, il est très-sujet à récidives. On a sou-

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