PARTIE I. ÉTIOLOGIE. I
vent cité de lui cette phrase très-explicite : « Vidimus plures infantulos lactantes, tali morbo infectos, plures nutrices infecisse. » Mais en le rapprochant de celle que nous venons d'emprunter à Torella, il est évident que Catanée, s'il a réellement vu de ces faits, s'est borné pour les peindre à copier le texte de son prédécessseur.
Georges Vella (1508) demeure encore enfermé dans la croyance à la contamination exclusive par la nourrice. Conduit toutefois par l'induction, il pressent une autre source d'intoxication et se demande : « Quare autem parentes non générant prolem infectam, cum materia quae suhjicitur pro generatione sperinatis sit infecta ?» — Malheureusement, son expérience n'est point encore suffisante pour faire fructifier ces doutes; et il se contente, pour la question posée, de cette solution négative dont il la fait suivre : « Nisi esset quod, si suhjicitur, non suhjicitur immédiate, sed médiate, et per plures transmissiones purificatur et a malitia illa expoliatur. »
Conrad Reitterius (1508), dans son ode adressée à la sainte Vierge pour la prier d'arrêter les ravages de cette maladie, se borne aussi à mentionner l'infection des nourrissons:
« Non puer lutus teneris in annis, « Quem suœ lactal genitricis uber. »
Paracelse, le premier (1529) affirme catégoriquement la réalité de la voie de propagation la plus ordinaire, en spécifiant que, dans certains cas, « fit
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morbus hereditarius. et transit a pâtre ad fîlhim. » Mais, presque aussitôt après la vérité proclamée , l'erreur semble recouvrer son empire ; car Nicolas Massa (1532) à qui on a voulu faire honneur de cette découverte, se borne à citer le fait de (rois enfants, âgés de trois, de six et de onze ans, qu'il a vu affectés de maladie vénérienne. Et comme il ajoute qu'ils n'avaient pu la prendre ni par le coït, ni par l'allaitement, on lui a prêté la conclusion que sans doute ils lavaient contractée par génération. Mais outre qu'une telle pensée ne se trouve exprimée nulle part dans son ouvrage, l'âge seul de ces malades montre qu'il n'a pu être question chez eux d'un pareil mode de communication ; car c'est, en général, bien avant la troisième année que les symptômes de syphilis héréditaire se développent ; et il est presque sans exemple qu'ils aient tardé jusqu'à six et onze ans. Tout s'accorde donc pour prouver qu'ils avaient reçu le mal après leur naissance, par des attouchements de personnes affectées d'accidents contagieux ; à moins cependant que ce ne soient là des exemples de cette syphilis congéviale tardive, dont il sera question plus loin.
Antonius Gallus (1540) écrit, il est vrai : « Sensere quoque hanc labem virgines et infantes. » Mais il est clair qu'il ne se préoccupe point dans cette phrase de la syphilis congéniale, car les enfants ne se trouvent absolument là que pour compléter le tableau pittoresque où il montre ses ravages atteignant « tam viros quam feminas , pueros quam senes , proceres quam