PARTIE I. ÉCOLOGIE. SI
une dont le produit naît et demeure exempt de s) mptômes vénériens. Il est donc positif qu'un individu, père ou mère , syphilitique peut donner le jour à un enfant sain. A quoi tient ce phénomène ? Est-ce parce que, au moment de la conception, ladiathèse sommeillait chez lui? Serait-ce plutôt parce que l'influence de celui des deux conjoints qui n'est pas malade a corrigé la part morhifiante due à l'autre?
On a fait dire à M. Ricord (') que quand un seul des parents a la vérole, le non vérole transmet à l'enfant l'immunité dont il jouit. 11 est trop évident que la pensée du célèbre syphilographe a été exagérée; car, sous le régime d'une pareille loi , les deux époux se trouvant assez rarement malades tous les deux, les nouveau-nés atteints de sypmtômes vénériens devraient être beaucoup moins nombreux qu'ils ne le sont. Mais en faisant de cette prétendue règle une simple possibilité, on rentre dans l'expression des faits, on énonce une vérité que la physiologie comprend , que l'expérience contirme. 11 sera toujours possible, je le sais, d'alléguer que si un enfant naît avec une santé différente de celle de ses aines ou de ses cadets, c'est parce que les parents eux-mêmes ne se sont pas maintenus, lors de ces générations successives, dans le même état de santé. Mais certains exemples rendent si évidente l'influence exercée, sous ce rapport, par l'action prépondérante soit du mâle, soit de la femelle, qu'on ne
(') M. Prieur, Ihèse 1851, p. 28.
peut se dispenser de lui accorder la plus grande part dans la production de ce phénomène.
C'est ainsi que Car.-Fréd. Haase ( 4 ) a vu une jeune fille, mariée à 17 ans, avoir d'abord une petite fille, née frêle et chétive, qui vécut, mais demeura scrofuleuse. A une seconde couche, elle eut encore une fille qui mourut au commencement du 9 me mois de la grossesse. Une troisième fois, accouchement à la même époque d'une fille morte. Enfin, à la quatrième grossesse, elle va jusqu'à ternie et met cette fois au monde un garçon offrant une ressemblance frappante avec son père. Cet enfant mal développé, avait la figure sénile, soulèvements épidermiques aux régions palmaires et plantaires. Il se plaignait continuellement. De vastes ulcères s'étendirent sur les fesses, aux narines, à la bouche. II mourut le 20""-' jour après avoir infecté sa nourrice et une garde. Le père avoua que, peu de mois avant son mariage, il avait contracté, étant en Allemagne, une maladie vénérienne.
Que le quatrième enfant fût infecté plus ou moins que les précédents, ce n'est pas ce qui doit nous préoccuper. Ce que nous tenons à faire ressortir, c'est, d'une part, qu'il l'était différemment; et, de l'autre, que son sexe et sa ressemblance accusent la raison de cette différence dans la participation plus directe prise par son père à la formation de sa constitution. M. Baumes cite un cas absolument semblable à celui-ci : nous le rapportons en détail. (Voy. deuxième partie.)
Comme, cependant, l'on pourrait encore alléguer que, d'une grossesse à l'autre, la diathèse s'est modifiée chez les parents, et que c'a été la seule cause de l'ab-
(') Commentalio, Dresde, 1828, p. 14.