PARTIE I. ÉTIOI.OGIE
sence ou de la présence de la syphilis chez les divers enfants; il faut apporter d'autres preuves.
En voici, je crois, d'irrécusables :
Une femme prit la syphilis en allaitant un nourrisson infecté, Elle donna ensuite le jour simultanément à deux enfants, l'un syphilitique, l'autre mort-né. Elle avait eu antérieurement un enfant bien portant ( 1 ).
Ici, deux enfants résultant d'une même grossesse sont infectés à des degrés divers, ou du moins d'une façon différente. Or, la mère seule était malade, puisque ce n'était pas de son mari qu'elle avait contracté l'affection. L'influence correctrice ou neutralisante du père, relativement au virus, n'a donc pas agi sur l'un et sur l'autre de la même manière.
Il en est de même de l'observation suivante :
En 1823, un élève de M. Campbell ( 2 ) accoucha une femme à terme, de deux jumeaux. Le premier des deux était mort et entièrement décomposé; le second vigoureux et bien portant. Pendant quelques semaines, on ne put s'expliquer la raison de cette différence; mais alors l'enfant survivant présenta des traces non équivoques de syphilis; et bientôt après la mère fut aussi atteinte de symptômes secondaires.
Le fait de grossesse gémellaire, la formation simultanée des deux enfants exclut, dans ces cas, toute explication fondée sur une modification survenue dans la constitution des parents. Car cette modification,
{') M. Price, de Margate, Abstract of the medic. science, p. 280- (*) The I.ond. and Edimb. Mont, joitrn. 2, 1814, p. SIS.
quelle qu'elle soit, demanderait du temps. 11 faut donc, pour se rendre compte de la différence entre les deux enfants, recourir à l'action diverse, sur l'un et sur l'autre, du type paternel ou du type maternel.
Cette thèse trouve encore un appui solide dans les exemples où une même femme engendre successivement des enfants sains ou des enfants syphilitiques, selon le père qu'elle leur donne.
Une femme (') infectée par son mari, eut plusieurs couches qui se terminèrent toutes vers le 7 me ou le 8 me mois par l'expulsion d'un enfant mort qui portait des marques évidentes de syphilis. Un dernier vint au monde vivant, mais périt dans la première année, syphilitique au plus haut degré. — Plus tard elle eut d'un autre homme une fille saine et bien portante, quoiqu'elle ne fût point elle-même délivrée de la syphilis et qu'elle eût éprouvé durant sa grossesse une tuméfaction du tibia, accompagnée de douleurs qui l'empêchaient presque de marcher.
Une autre femme ( 2 ) ayant eu des relations avec un homme atteint de syphilis, avait ensuite offert des signes manifestes de cette maladie. Elle se maria avec un autre homme et eut de lui plusieurs enfants sains et bien portants. — Mais s'étant accidentellement rapprochée de son premier amant, elle devint enceinte, et l'enfant, cette fois, vint couvert d'une éruption syphilitique varioliforme à laquelle il succomba.
Ces deux derniers faits sont des preuves de la loi qui exempte de syphilis les enfants dont un seul des parents était syphilitique, et les condamne, au contraire,
(') M. Simon , dans Journ. des Connaiss. médic.-chhur., 1835, p. 257.
( 2 ) Ibid.