SYPHILIS ACQUISE
Il n'est pas de voie, pas de partie, pas de manière par laquelle l'enfant nouveau-né ne puisse, en dehors du sein de sa mère, contracter la maladie vénérienne.
La délicatesse de son système tégumentaire, son défaut absolu de résistance à de coupables manœuvres, l'action de circonstances particulières telles que laparturition et l'allaitement l'y exposeraient même plus que l'adulte, si l'absence à cet âge du coït, — du moins volontaire et actif, — ne faisait toujours pencher du côté du dernier la fatale balance. Nous avons donc à étudier d'abord les conditions spéciales syphilogènes qui attendent l'enfant à sa naissance, puis celles auxquelles il est soumis comme ceux d'un âge plus avancé. De là une division toute naturelle du sujet en trois chapitres, savoir : 1° infection au passage; 2" infection par l'allaitement; 3° infection par causes accidentelles.
| I. — Infection au passage.
Elle a été considérée par les auteurs sous des points de vue bien opposés. Tandis que Girtanner l'admet comme seul agent de contamination des nouveaunés, que Nisbett juge assez probable que la syphilis de cet âge ne reconnaît pas d'autre cause, Bosquillon, au contraire, refuse d'y croire. La plupart dessyphilographes ont adopté un terme moyen entre ces deux opinions, et les faits leur donnent raison en démontrant la réalité, mais en même temps la rareté, et la rareté même plus grande qu'ils ne se le figurent encore en général, de cette sorte de communication.
Pour se convaincre qu'elle n'est point la seule, il