PARTIE 1. ÉTI0L0G1E
cres primitifs s'ils se hasardent avec une femme apte à leur en communiquer.
I 2. — Infeciion par L'allaitement.
La transmission s'opère ou a été crue s'opérer clans ce cas, selon deux modes distincts : soit par une lésion morbide dont la nourrice est porteur ; soit par Je lait (pie l'enfant reçoit d'elle.
A. Par une lésion morbide de la nourrice. — Beaucoup d'enfants nés sains de parents très-sains retiennent de nourrice avec des symptômes de syphilis constitutionnelle. Quand l' ont-ils prise? Bien certainement pendant l'allaitement. — De qui? De la femme qui leur donnait le sein. — Par où, chez eux, a-t-elle commencé ? Le plus communément par la bouche. — Quels ont été ses premiers symptômes ? Ordinairement des papules muqueuses superficiellement exulcérées.
Sur ces faits d'observation tout le monde est d'accord. Mais si l'on sort de ces termes généraux, le problème se complique d'incertitudes sans nombre. Les uns, avec M. Bicord, enseignent que la nourrice avait un chancre primitif et en a donné un à l'enfant. Les autres, persévérant dans les doctrines anciennes, croient que c'est sous forme d'accidents secondaires que le mal se transmet alors. Mais chaque explication, si elle prétend à devenir théorie générale et exclusive,
a. ses écueils, ses difficultés, je dirais presque ses impossibilités.
Si vous admettez le chancre primitif comme seule cause infectante, vous pourrez, à la rigueur, par des doutes jetés sur la moralité de la nourrice, de son mari, de ses aboutissants, — en la supposant contaminée sans le savoir, ou agent d'une contagion médiate, — en inculpant la santé de ceux qui approchent l'enfant, celle de ses parents légaux ou réels, ainsi que de ses frères de lait, — en arguant de l'époque trop éloignée où il a été possible de visiter cette série de suspects, vous pourrez, dis-je, arriver à rendre la question litigieuse ou insoluble. Vous réussirez ainsi, dans plus d'un cas particulier, à faire qu'on ne puisse vous démontrer que l'origine du mal n'a pas été un chancre primitif. Mais ce triomphe de l'obscurité, duquel vous vous tenez pour satisfaits, aura-t-il le pouvoir d'imposer ses lois au praticien qui assiste chaque jour à la filiation évidente des symptômes, et connaît mieux que personne la moralité de ses clients? J'en doute ; et voilà, pour ma part, les motifs de la position réservée que je crois devoir garder en face de cette séduisante théorie.
Le chancre primitif induré, cause obligée, cause unique (selon M. Ricord) d'infection constitutionnelle, avec sa pléiade ganglionnaire indolente, est rare, extrêmement rare chez le nouveau-né. Et pourtant quel nombre immense d'enfants atteints en nourrice de syphilis générale bien caractérisée!