PARTIE I. — ÉTIOLOGIE
mancipia , raagistratus quam humilem plebem ! »
Plus on avance et plus la lumière acquise perd de sa clarté. C'est au point que J. B. Theodosius (1541) dit seulement que « il craint que ce mal ne soit héréditaire. » Or, pour justifier ces soupçons, il n'a pas de meilleure preuve à donner que l'observation de trois frères qu'il a vus mourir des suites du mal français. Il parait que, selon sa logique, ils ne pouvaient pas l'avoir pris tous les trois à la source ordinaire, et qu'il lui a semblé plus rationnel d'en chercher le germe commun dans la ligne ascendante que dans une cohabitation suspecte de chacun d'eux.
Montanus (1550) ne parle, lui non plus, que de la transmission par le lait de la nourrice.
Musa Brassavole (1553), écrivain cependant plein d'érudition, distingue soigneusement dans les faits de cet ordre trois cas : 1° celui où un enfant a reçu la maladie par un attouchement impur (subagitatus a turpissimo in moribus homine); 2° celui où il a sucé une nourrice infectée ; 3° celui, enfin , où lui-même ayant la maladie la donne à sa nourrice. — On voit que tout est compris dans cette division, tout, hors le mécanisme le plus commun, l'infection par . génération .
Un écrivain de cette époque semble avoir été sur la voie de la vérité. Augier Ferrier (1553) s'exprime ainsi : « Cum in utero morbus contrahitur, tanquam hereditarium fit malum, et tanquam coiruptum elementum una cum paterno vel materno semine infunditur ; aut si mater a die conceptionis in morbum inci-
derit, communicatio fœtui, vitiosisinfectisque humoribus... » Voilà et très-nettement précisées les trois ma nières dont l'infection peut s'opérer dans le sein de la mère ; et les recherches modernes n'ont rien ajouté à cette distinction. Malheureusement en l'établissant, Ferrier paraît s'être appuyé sur la vraisemblance du fait bien plus que sur sa réalité ; car il ne fait allusion à aucune observation qui le confirme.
Une assertion presque aussi positive se rencontre dans l'ouvrage d'un de ses contemporains. On peut en effet citer, de P. Haschardius (1554), ces paroles en apparence décisives : « ïransmittitur per generationem, quoniam hic morbus humores vitiat et corrumpit ; unde semen corruptum qui sic affecti sunt emittunt, et ex hoc proies vitiata ac corrupta creatur. » Mais en lisant le chapitre tout entier, on reconnaît que loin de s'appuyer sur des faits ou même sur une conviction personnelle, cette assertion n'a d'autre motif que l'opinion d'Hippocrate sur la conformité de la semence avec les caractères de l'être dont elle procède. — Avouons pourtant que quelques développements de cette doctrine paraissent lui appartenir en propre. Ainsi, dit-il, les enfants sont plus gravement infectés lorsqu'ils le sont du fait de leur mère, parce qu'ils reçoivent alors le mal d'une double origine, de la génération et de la lactation. Mais au milieu de ces énoncés exacts et justifiés d'ailleurs par l'expérience ultérieure, pas une observation, pas même une description ! — Peut-être, après tout, ne faut-il pas s'é-