‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 31 sur 204 · Partie i. — étiologïe · texte numérisé non relu

Partie i. — étiologïe

assertion est exagérée, il vaut mieux cependant, en semblable matière, être trop défiant que trop rassuré ; et je doute fort qu'aucun des bonorables expérimentateurs que je viens de citer voulussent laisser leur propre enfant teter le sein d'une femme saine ellemême, mais qui, l'instant d'auparavant, l'aurait donné à un nourrisson offrant dans la bouche des symptômes syphilitiques, même les plus incontestablement secondaires !

Les occasions de contact du pus infectant sont trop multipliées , trop actives pendant l'acte de l'allaitement pour que je m'arrête à les signaler, à en montrer l'influence. Humidité, chaleur, congestion vasculaire, éréthisme nerveux, membranes ténues, faciles à gercer, excoriations fréquentes, pressions, frottements et tiraillements prolongés et de chaque instant , nulle part, dans aucune fonction, pour aucun organe les conditions mécaniques et vitales favorables à la contagion ne me semblent exercer une action aussi puissante. Et si, en présence des exemples tellement fréquents d'infection du nourrisson dont la pratique quotidienne nous rend témoins, quelque chose a droit de me surprendre, c'est, en vérité, qu'ils ne soient pas plus fréquents encore!

B. Par le lait. — En attribuant aux nourrices la maladie que prend leur nourrisson, tout le monde ne les a pas accusées d'en porter à ce moment la cause matérielle sur le sein. Pour la nourrice comme pour

la mère, on a admis qu'elles pouvaient, sans avoir actuellement d'accidents apparents, devenir une cause d'infection; la dernière, par l'ovule ou le sang qu'elle fournit au fœtus, la première, par le lait dont elle nourrit l'enfant. C'est de celte seule façon, nous l'avons vu, que les anciens auteurs entendaient le développement de la syphilis infantile ; c'est encore à elle, mais non plus comme source exclusive, que croient une foule de syphilographes distingués du dernier demi-siècle, Bertin, Mahon, Bell, Astruc, Doublet, etc. et plus récemment Lane et Parker.

Swédiaur, cependant, puis Nisbett avaient déjà nié ce mode de communication. Mais c'est surtout Hunter qui s'inscrivit avec force contre son admission au rang des causes infectantes ; et tout en rajeunissant ses arguments, on n'a guère fait, depuis, que les reproduire.

D'après Hunter, ni le sang, ni aucun des principes de sécrétion qu'il engendre, la sueur, la salive, l'urine, le sperme ne peuvent porter avec eux la contagion. Le lait étant, lui aussi, une matière sécrétée doit partager cette propriété négative. — On jugera tout d'abord de la valeur de cette preuve, en considérant que les conséquences logiques d'une pareille opinion amènent Hunter à contester le fait de la syphilis héréditaire. Et effectivement « il est très-porté à douter que le fœtus renfermé dans la matrice d'une femme vérolée puisse recevoir l'infection ('). » Et quant « à la sup-

(') Traité de la mal. vénér. — Trad. française, 1852, p. 5G4.

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