‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 32 sur 204 · PARTIE I. — ÉTIOLOGIE. (j · texte numérisé non relu

PARTIE I. — ÉTIOLOGIE. (j

position que le sperme peut dans l'acte delà fécondalion produire un fœtus vérole, « c'est, à ses yeux, une hypothèse sans fondement (') ! » Lorsqu'on songe que le seul motif d'un homme comme Hunter pour traiter de chimères les plus communes réalités de la pratique, a été l'impossibilité de produire des chancres par l'inoculation du sang d'un syphilitique constitutionnel, on se sent, je l'avoue pour mon compte, pris d'une sorte de vertige et l'on se demande involontairement, — si le raisonnement peut égarer à ce point un pareil esprit, — ce qu'il nous reste d'assuré parmi toutes les vérités de démonstration que nous croyons les plus solidement assises.

Je me trompe, néanmoins : Hunter a d'autres expériences au service de sa cause. Un petit garçon, une jeune femme, ont avalé du lait contenant, l'un quelques gouttes de pus de chancre primitif, l'autre de l'humeur gonorrhéique. Et ils n'en ont été nullement incommodés. Donc le lait de la nourrice, qui renferme les mêmes principes, qui est élaboré de même par les organes digestifs du nourrisson, doit être également inoffensif pour lui.

Ici encore Hunter a confondu le liquide véhicule du virus qui produit un chancre primitif avec le liquide véhicule du virus généralisé dans l 'économie. Que le premier n'ait pas déterminé de chancre lorsqu'il était étendu dans une immense proportion de liquide,

(i) Traite do la mal. venér. — Trarî. Française, 1852, p. 562.

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et qu'il n'a fait que glisser sur une muqueuse saine, ceci n'a rien d'étonnant : car ce sont là toutes conditions absolument antipathiques à son action. Mais de ce qu'un virus dont le pouvoir infectant est tout local n'a rien produit localement, conclure qu'un autre virus, dont l'influence générale sur l'économie est démontrée par les cas de syphilis passant de la mère au fœtus, ne produira rien quand l'organisme va le recevoir pendant plusieurs mois pour élément unique de nutrition, c'est, j'en demande pardon à Hunter et à ses disciples, singulièrement oublier ou enfreindre les lois de l'analogie et les règles de la logique.

Donc, ces vaines expériences mises de côté, toute la question est là : Le sang transmet la vérole de la mère au fœtus. Le sperme, produit de sécrétion, transmet la vérole du père au fœtus. Ce privilège, que ne partage aucune autre matière sécrétée, s'explique simplement et rationnellement par la nature du rôle que ces deux liquides jouent l'un dans la formation, l'autre dans la nutrition du nouvel être. Maintenant , le lait, sécrétion dont l'importance absorbe pendant sa durée toutes les autres fonctions de la femme, — le lait, élément exclusif de la nutrition si active du nouveau-né pendant les premiers mois, — le lait que ses organes digestifs presque inactifs encore élaborent à un si faible degré que tout autre aliment qui exige de leur part une somme d'action plus forte ne s'absorbe point et compromet l'existence au lieu de la soutenir, — le lait qui, selon la naïve expression de notre Ambroise Paré,

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