PARTIE I. — ÉTI0L0GIE
nost que sang blanchy, a-t-il les mêmes propriétés infectantes ? Ne peut-il du moins les posséder dans une certaine mesure? J'avoue que, à mes .'jeux-, ce n'est pas à beaucoup près un problème résolu, et que si des probabilités seules pouvaient m' entraîner, ce ne serait certes pas du côté de Hunter !
La question, malheureusement, ne semble pas aisément susceptible d'une solution expérimentale. Si le lait est infecté, celle qui le sécrète ne peut manquer de l'être aussi ; et l'on est toujours dès lors en droit de soupçonner que c'est, non par le lail , mais par le contact d'une lésion du sein avec la bouchede l'enfant que la communication s'est opérée à celui-ci. Si l'on ne trouve pas de symptômes apparents sur le sein , au moment où on l'examine, il sera difficile de prouver qu'il n'en avait pas existé auparavant. Et, même eût-on pu constater leur absence pendant toute la durée de l'allaitement, il resterait encore à invoquer contre les partisans de la communication par le lait la possibilité d'une contagion médiate — (de nourrisson infecté à nourrisson sain, par l'intermédiaire d'une nourrice demeurant intacte), — fait que l'exemple de Bertin, cité tout à l'heure, ne permet pas de révoquer en doute. Aussi ne m'arrêterai-je pas à discuter ici certaines observations de Whitehead, de Starck, de Cooke, de Bertin destinées, selon leurs auteurs, à soutenir cette thèse, mais qui n'établissent guère, et ne pouvaient du reste établir que des présomptions en sa faveur. — L'analogie n'offre pas de meilleures ressources. Ainsi
Fossati (') soutient très-positivement avoir constaté en forme légale que la morsure d'un petit chien à la mamelle, engendré et allaité par une mère chez qui la rage ne se manifesta qu'après qu'elle eut mis bas, que cette morsure, dis-je, donna la maladie à un malheureux qui mourut hydrophobe en 1844, à la clinique de l'université de Pavie. Mais malgré son affirmation, peut-on avoir la certitude que la mère n'avait pas transmis le mal à son petit, en le mordant ou en le léchant, plutôt qu'en l'allaitant?
Les partisans de Hunter, eux, ont évidemment plus beau jeu pour en appeler à l'expérience ; car il leur suffit de recueillir des faits négatifs. Or l'on sait assez qu'en matière d'affections virulentes, il est loisible, — la contagion par transmission accidentelle n'étant jamais obligée, nécessaire, — de multiplier presque à son gré les cas de non contagion. Et cependant ils ne paraissent pas, jusqu'ici du moins, avoir tiré du bénéfice de leur position le parti qu'elle comportait. Car il n'est pas une de leurs observations à qui , outre l'insuffisance comme preuve (attribut fatalement commun à tous les faits négatifs), on ne puisse reprocher quelque omission qui frappe d'autant plus qu'elle pouvait, celle-ci, s'éviter. Ainsi, le dernier en date, M. A. Dugès, a écrit sa thèse inaugurale ( 2 ) sur ce titre : De l'innocuité du lait des nourrices atteintes de syphilis pour
(') Mémoire sur la rage.
( 2 ) Thèses de Paris, du 28 février 1852, p. 14.