‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 35 sur 204 · PARTIE I. — ÉTIOLOGIE · texte numérisé non relu

PARTIE I. — ÉTIOLOGIE

eux d'une manière utile à la science. Que dire dès lors de ceux auxquels M. Ricord (') fait allusion par ces seules lignes : « Des nourrices affectées d'accidents secondaires très-manifestes ont pu donner le sein à des enfants qu'on m'envoyait comme atteints de syphilis et qui n'avaient que de simples éruptions eczémateuses, impétigineuses, ou des variétés de porrigo ; et jamais, sous mes yeux, ces enfants n'ont été infectés ? » Évidemment , les détails indispensables pour convaincre n'entraient pas dans le cadre que l'ingénieux syphilographe avait tracé à son ouvrage. Aussi leur omission justifie notre propre réserve ; et nous attendrons pour les examiner qu'on les rapporte avec les développements nécessaires.

M. Venot a entrepris, à son tour, cette démonstration ( 2 ). Mais, pour deux de ses quatre observations, l'innocuité de l'allaitement s'explique fort naturellement sans impliquer comme conséquence nécessaire la non-transmissibilité des accidents à l'enfant par cette voie. En effet, dans la première, il est spécifié que la nourrice mère avait un mal de gorge avec aphthes grisâtres, des taches lenticulaires sur l'abdomen, la cuisse et le col, des éruptions pemphygoïdes sur les parties sexuelles , enfin une ostéite du tibia. Dans la troisième, la nourrice qui était missi la mère, avait pour lésions une carie palatine avancée avec tu-

(') Lettres sur la syphilis, p. 101.

( 2 ) Journal de médecine de Bordeaux, mars 1852, p. 148.

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meurs gommeuses sur le trajet des tendons extenseurs des deux rotules. Est-il dès lors étonnant que, aucun accident syphilitique n'existant sur les seins, le nourrisson ait pu échapper à la contagion ? La deuxième observation de M. Venot ne concerne qu'une transmission de chancre primitif. La quatrième est encore plus étrangère à la thèse actuellement discutée, car elle n'a rapport qu'à un nourrisson vérole n'infectant pas sa nourrice, sujet qui sera examiné à part dans la troisième partie de cet ouvrage.

Une réflexion me frappe cependant, et elle peut s'appliquer aux observations de M. Cullerier comme à celles de M. Ricord ou de M. Nonat qu'il ne fait que nommer. C'est que ces savants praticiens n'ont sans doute pas poursuivi la constatation purement expérimentale du fait. Je les connais trop pour clouter un instant que, ayant sous les yeux, visitant tous les matins une femme décidément en proie à la diathèse secondaire, ils aient tardé un seul jour à lui ordonner le spécifique à doses convenables. Que devient donc, avec cette conduite, d'ailleurs éminemment prudente et la seule consciencieuse, que devient la démonstration de l'innocuité du virus, du moment qu'on s'attache, tout en l'expérimentant, à le neutraliser, à en administrer l'antidote ?

D'ailleurs, et je le sens instinctivement mieux que je ne saurai peut-être l'exprimer, il manque encore à tous ces résultats, pour faire preuve, quelque chose de plus. Partisans ou adversaires de la transmission par

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