‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 37 sur 204 · PARTIE I. — KTI0L0GIE · texte numérisé non relu

PARTIE I. — KTI0L0GIE

| 3. — Infection par causes accidentelles.

Presque toutes celles qui menacent l'adulte, ai-je dit, peuvent atteindre l'enfant à la mamelle. Mais il ne faudrait cependant pas s'imaginer que cette espèce de syphilis soit chez lui à beaucoup près aussi fréquente que la vérole héréditaire. Si, dans ces derniers temps, on a vu les observations de chancre primitif transmis à l'enfant devenir plus communes, cela tient à ce qu'une théorie intéressée à expliquer par ce mode d'origine tous les cas d'affection communiquée durant l'allaitement, recueillait avec soin les moindres occasions d'en multiplier les exemples. On doit sans doute lui savoir gré d'avoir éclairé ce côté de la question par la relation de cas que les anciens avaient un peu laissés dans l'ombre. Mais tout authentiques qu'ils sont, ils n'en constituent pas moins une véritable minorité en comparaison des faits de maladie vénérienne transmise au nouveau-né par un procédé différent.

Le mécanisme même de la propagation étant toujours identique puisqu'il résulte du contact, il n'y a lieu ici que de chercher à déterminer les circonstances dans lesquelles il s'opère le plus habituellement. Celte étude, la seule intéressante, se recommande d'ailleurs surtout par les vives lumières qu'elle peut répandre sur la prophylaxie de ce genre d'accidents. Donc, les nouveau-nés peuvent être infectés ;

A. Par un chancre primitif de la nourrice. — Ce n'est plus là le cas de transmission au moyen de l'allaitement, puisque la nourrice ne communique point la maladie constitutionnelle, mais seulement une lésion locale qui en est l'origine possible. Sans être aussi fréquente qu'on l'a prétendu, cette cause agit assez souvent, — soit à l'insu de celle qui porte le chancre, — soit à sa connaissance et malgré les précautions dont elle s'entoure. Dans le premier cas, s'il lui vient plus tard des lésions secondaires au sein, elle croit de bonne foi que son nourrisson l'a rendue malade : dans le second, elle s'efforce trop souvent de le faire croire. Il est des situations mixtes en quelque sorte. Ainsi :

M. RicordC) dit que, à l'Ourcine, dans le service de M. Cullerier, une femme ayant un chancre primitif aux parties génitales, pressait et tiraillait son mamelon avec les doigts qui venaient de toucher le chancre de la vulve. Elle fit ainsi développer un chancre sur son mamelon ; et l'enfant qui le tétait en prit un à la bouche.

Une autre nourrice, citée aussi par M. Ricord, portait au mamelon un chancre, que lui avait donné un individu affecté de chancre primitif à la lèvre, et qui croyait lui rendre un bon office en lui dégorgeant le sein par la succion.

La nourrice, dans ces cas, pouvait ignorer le danger qu'il y avait pour son nourrisson à la teter : car n'ayant pas cru exposer son sein à la contagion, il lui était facile de conserver des illusions sur la nature des

(') Lettres sur la syphilis, p. 10J.

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