‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 40 sur 204 · PARTIE I. ÉTIOLOGIE · texte numérisé non relu

PARTIE I. ÉTIOLOGIE

ment sur les petites filles, étant ordinairement accompagnées de déchirures, l'inoculation de la matière contagieuse y trouve une condition propice au développement de son action spéciale.

C. Par une personne affectée directement ouindirectement de syphilis congéniale. — Ceci concerne les frères ou sœurs de lait, le père nourricier et toute sa famille. J'ai déjà dit (et je me réserve de l'établir dans la 3 me partie) que les lésions de la syphilis congéniale se distinguent de celles de la syphilis ordinaire par une puissance de contagiosité infiniment supérieure. Et ce qu'il y a de remarquable et de fâcheux à la fois, c'est qu'elles transmettent cette même propriété à la personne qui reçoit par elles la maladie. Ainsi, que de deux nourrissons, l'un atteint de vérole héréditaire, l'autre sain, le premier infecte le second par suite de leurs rapport journaliers, il n'y a là rien de difficile à pressentir d'après ce que nous avons dit du degré supérieur de contagiosité spécial aux lésions syphilitiques de cette classe. Que le premier empoisonne la nourrice, laquelle cède ensuite au second ce qu'elle vient de recevoir, c'est ce dont nous avons déjà cité des exemples. Mais fort souvent les choses vont d'une toute autre manière. Du nourrisson gàtéle mal passe à la nourrice, puis au mari de celle-ci, puis aux membres adultes de leur famille, pour revenir ensuite sur les autres enfants étrangers' qui étaient là en nourrice ou en sevrage. Les annales de la science fourmil-

S(i DE LA SYPHILIS DES NOUVEAU-NÉS.

lent d'observations de ce genre, qui trouveront plus tard dans le cours du présent travail une mention détaillée. Et l'on demeurerait confondu de surprise en voyant la rapidité avec laquelle les accidents, quoique d 'apparence secondaire, s'étendent alors d'un individu à l'autre, si l'on n'avait l'explication de cette prétendue anomalie dans la nature congéniale de la lésion qui a été l'origine première de cette série de contaminations successives.

Le fait me paraît tellement avéré que, retournant la conséquence en prémisse, j'en ferais volontiers un moyen ou du moins l'un des éléments du diagnostic. Si donc je voyais une femme atteinte de symptômes syphilitiques constitutionnels les transmettre à son mari, le soupçon me viendrait immédiatement à l'esprit qu'il y a là quelque chose de congénial sous roche, que ces symptômes provenaient chez elle de rapports avec un nouveau-né frappé de vérole héréditaire. Et, à son tour, je considérerais le mari comme étant plus particulièrement capable de communiquer par le contact les accidents qu'il aurait contractés de cette manière, quelque secondaire que fût chez lui leur physionomie.

D. Par la vaccination. — On a souvent accusé, on accuse encore des boutons vaccinaux développés sur un enfant syphilitique de transmettre la maladie vénérienne à celui qu'on vaccine avec le pus qu'ils contiennent. M. Ricord a réduit ces appréhensions à néant en

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