‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 45 sur 204 · PARTIE II. — DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. — DESCRIPTION

§ 4. Plaques muqueuses.

L'un des plus précoces en général, ce symptôme est incomparablement le plus fréquent chez les nouveaunés , comme aussi celui qui envahit les surfaces les plus étendues et affecte les sièges les plus variés. Les particularités anatomiques propres au jeune âge en rendent aisément raison. On sait, en effet , que sur l'adulte , les pustules plates occupent de préférence soit les membranes muqueuses, soit, sur la peau, les endroits où elle est fine, humide et exposée à des frottements continuels. Or, de ces trois conditions, la première est le caractère essentiel du système tégumentaire à la naissance. La seconde résulte forcément pour le pourtour de la bouche et des narines, du contact du • lait, de celui de la salive, des larmes, du mucus nasal, fluides que, à cet âge, on peut justement appeler incoercibles ; pour l'anus et les organes génitaux, des excrétions incessamment répétées. Quant à la troisième, on se rappellera que l'abondance de la graisse y détermine des plis de la peau et partant des frottements plus multipliés qu'à aucune autre époque de la vie.

Mais pour se rendre exactement compte de la fréquence considérable des plaques muqueuses chez l'enfant, il faut savoir reconnaître cette lésion, malgré les apparences variées que la différence de période, de siège, de soins hygiéniques, de traitement, etc., lui imprime; il faut se rappeler que, sur le nouveau-né, elle ne demeure que rarement sèche ; que, surtout quand

elle affecte les membranes muqueuses, elle tend si rapidement à l'ulcération que bien souvent le médecin ne peut l'y voir qu'à cet état ; que l'incurie, la malpropreté la font pulluler de manière à former, par l'addition successive des plaques superposées, de véritables tumeurs ; que parfois, comme M. Ricord l'a constaté, elle s'établit à la suite et sur la place d'un chancre primitif; que, dans la bouche, le lait, les aliments pris trop chauds la revêtent d'une couche blanche concrète qui masque souvent, pour l'observateur inattentif, sa véritable physionomie.

L'accident dont il est ici question, se présente et doit être étudié à part , soit sur la peau , soit sur les muqueuses.

A. Sur la peau. — Ce sont des plaques ou élevures, faiblement saillantes, à peine de quelques millimètres, de la largeur d'une lentille ou d'un centime, limitées par un bord arrondi ou plutôt courbe. Leur surface a la couleur blanche que donne à l'épidémie l'apposition prolongée d'un cataplasme qui aurait macéré l'épidémie, ou celle qu'offrirait une couche de collodion au moment où elle commence à se dessécher. D'ailleurs, cette teinte n'est pas uniformément répartie. Généralement on la voit plus prononcée dans les points centraux de la plaque que vers les bords. Des gerçures, de superficielles érosions entament la surface morbide quand elle existe depuis quelque temps ; et il s'en échappe un liquide séreux d'odeur sui generis. Aban-

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