‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 46 sur 204 · PARTIE II. — DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. — DESCRIPTION

données à elles-mêmes, ces solutions de continuité peuvent s'étendre en largeur ; mais elles ne creusent point en profondeur.

Remarquons que plus l'endroit affecté se rapproche de la texture des muqueuses, et plus les plaques y sont larges, conlluentes, plus la teinte blanche s'y accentue, plus l' exulcération y est hâtive et le suintement abondant.

On observe ordinairement ces plaques aux bourses, à la vulve, au pli génito-crural, à l'ombilic, aux aisselles, aux commissures des lèvres (où Nicolas Massa les indique déjà comme signe de la vérole) , à l'anus ; plus rarement au côté des ailes du nez, entre le menton et la lèvre inférieure, derrière les oreilles, dans le conduit auditif externe, dans les intervalles qui séparent les orteils, sur le cuir chevelu. Dans cette dernière partie, oii les nouveau-nés seuls ainsi que les adultes chauves en présentent, la plaque muqueuse se maintient plus longtemps sèche qu'ailleurs ; et elle y est parfois recouverte d'une véritable croûte. Il faut s'en souvenir pour ne pas la confondre avec l'ecthyma, expression d'une diathèse syphilitique plus avancée.

Les plaques muqueuses de la peau coexistent le plus souvent avec une syphilide roséolique et surtout papuleuse. Plaques muqueuses et papules paraissent même être la manifestation commune d'une cause identique, c'est-à-dire d'un même degré ou d'une même période de l'infection constitutionnelle. Ainsi l'enfant est-il plus âgé? l'éruption papuleuse dominera. Dans les condi-

tions opposées, les plaques muqueuses l'emporteront ; et on les trouvera sur des points qu'on est habitué à voir couverts de papules, le ventre, les fesses, la nuque, etc. Ceci n'a rien d'étonnant du reste; car il existe entre les deux lésions plus que de l'analogie. Si la sécrétion épidermique qui surmonte la papule trouve , dans la région de l'humidité qui la macère, l'altération prend, en se développant, la forme de plaques muqueuses : on voit que ce n'est là qu'une affaire de siège.

Le diagnostic des plaques muqueuses est aisé pour qui en a vu. Mais la description la plus détaillée ne donnerait à cet égard qu'une connaissance incomplète. Sans négliger de consulter celle que nous avons tâché de tracer d'après nature, le médecin doit donc être averti que l'expérience et non la lecture, le souvenir de ses sens et non de son esprit, sont indispensables pour ce diagnostic, qui est un objet de première nécessité en syphilographie, surtout en syplhlographie infantile.

Des gerçures insignifiantes affectent souvent les commissures labiales; chez les enfants suspects, on y regardera de très-près ; et si elles persévèrent malgré les lotions émollientes et des applications d'onguent rosat, si leur surface prend une teinte blanche, si surtout elle gagne en largeur, il s'agit vraisemblablement d'une plaque muqueuse. Même remarque quant à l'intertrigo, si ce n'est que les poudres d'iris, delycopode remplaceront avantageusement les émollients dans le traitement institué alors à litre d'épreuve. — Aux

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