‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 49 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

nées. La sécrétion épidermique ne prend en effet alors ni la dureté ni la sécherese qu'on lui trouve chez l'adulte; et à peine formées au sommet d'une papule ou sur la surface d'une plaque , les squames molles et minces sont macérées par l'humidité naturelle de la région, et se détachent avant d'avoir pu acquérir, par l'évaporation de leur partie liquide, l'apparence nacrée et cassante qu'elles auraient contractée sur une peau placée dans d'autres conditions, sur celle de l'adulte.

Aussi voit-on souvent chez l'enfant des éruptions anomales, non furfurantes au sommet, des plaques cuivrées sans desquammation. Le dermatologiste instruit des particularités ci-dessus, pourra reconnaître dans ces formes en quelque sorte bâtardes , dans ces squamee sine sqnamis , l'altération fondamentale qui les constitue; et il tirera parti de ces notions pour approprier le traitement général et le traitement local aux indications que réclame la lésion véritable et non la lésion apparente. Car les squames appartiennent à une période de la syphilis plus avancée que les exanthèmes, et ne cèdent pas non plus aux mêmes topiques. — On voit que ces détails n'ont pas seulement de l'importance pour le nomenclateur ; le praticien aura aussi à en tenir compte.

Cette différence des manifestations selon les âges est tellement profonde que, même à la paume des mains, là où la syphilis, chez l'homme fait, ne produit jamais que des pustules et des squames, on observe parfois sur le nouveau-né de véritables plaques muqueuses,

à la vérité moins humides et moins sécrétantes que partout ailleurs.

On comprend toutefois que , résultant de causes lesquelles varient de degré selon les individus , cette rareté de la syphilide squameuse chez les enfants, n'est point une impossibilité. — Il arrive donc que de véritables écailles se rencontrent dans des régions ou chez des sujets plus favorablement conformés pour permettre ce genre de production. C'est ainsi que M. Cazenave (') cite deux exemples de syphilide cornée, constatée à la paume des mains et à la plante des pieds d'enfants, dont les parents avaient été atteints de syphilis constitutionnelle antérieurement à l'époque de leur conception.

Le docteur Deutsch ( 2 ) compte parmi les symptômes secondaires des nouveau-nés un psoriasis syphilitique des paupières, lequel se complique de sycosis et s'accompagne bientôt d'induration des glandes muqueuses. Cette affection est-elle réellement squameuse? ou ces prétendues squames ne seraient-elles pas plutôt le mucus concret qui , dans toutes les inflammations glanduleuses de cette partie, recouvre toujours le bord libre et une portion de la face externe des paupières?

| G. Pustules.

Si l'on admettait la terminologie adoptée par la

(') Cazenave, Traité des syph., p. 418.

(') Mém. cité.

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