PARTIE H. — DESCRIPTION
plupart des auteurs, l'histoire de ce symptôme serait presque celle de la syphilis congéniale tout entière. 11 n'est pas, en effet, d'accident vénérien siégeant à la peau qui n'ait reçu, à plus ou moins juste titre, le nom de pustule. Un enfant est né couvert de pustules : voilà ce qu'on entend répéter tous les jours dans le monde médical comme dans le monde proprement dit : l'expression fait image ; il n'en a pas fallu davantage pour qu'elle servit de passe-port aux altérations les plus dissemblables. Ainsi les plaques muqueuses, où jamais cependant qui que ce soit n'a observé le soulèvement purulent de l'épiderme qui constitue la pustule , ne sont connues de beaucoup de gens que sous la dénomination de pustule plate, ou pustule muqueuse. Bertin n'a pas peu contribué à entretenir cette confusion en comptant sept sortes de pustules, les saillantes, les aplaties, les tuberculetises, gallo-véroliques, croûteuses, chancreuses et ulcérées. Nisbett parle de pustules cuivrées, qui ressemblent aux taches scorbutiques. Les écrivains même les plus modernes et les plus estimables n'ont pas su toujours éviter ce vague regrettable. Je citerai comme exemple M. Bouchut (') qui, ayant à traduire de l'anglais les mots tuberculated condylomatous, n'a rien trouvé de mieux pour les rendre que l'expression de pustules blanchâtres aplaties !
Bornée aux seules lésions qui méritent ce nom , la description des pustules chez les nouveau-nés sera ,
(') Gaz. méd. de Paris, 1850, p. 297.
au contraire, fies plus courtes, quoique avec les taches cuivrées, elles constituent l'éruption syphilitique la plus commune à cet âge de la vie. Mais ce qu'il y a de remarquable dans ce symptôme, c'est qu'il n'appartient pas , comme les deux précédents , à une même période de la maladie. Loin de là , on le voit coïncider avec les signes du début de l'infection générale, ou bien constituer plus tard l'un des accidents de la cachexie la plus avancée. Cependant avec quelque attention, on parvient à constater dans la forme, dans l'apparence de la lésion certaines différences en l'apport avec la différence de leur époque d'apparition. A ce point de vue on peut distinguer trois espèces de pustules :
L'acné syphilitique, se montrant de bonne heure, succédant aux papules, n'étant même ( à le bien considérer) qu'une papule plus saillante et dont le sommet a suppuré. Ces boutons durs, indolents, isolés s'observent surtout au dos, aux fesses, aux épaules, à la poitrine. La collection purulente dure quelques jours , puis se résorbe ou s'épanche au dehors ; enfin , la croûte une fois détachée, une petite cicatrice apparaît à la place. Bien que l'éruption puisse s'étendre sur de larges surfaces, c'est là une variété simple et bénigne, soit parce qu'elle ne dénote pas une diathèse bien profonde, soit parce qu'elle ne laisse point de traces difformes de son existence.
L'impétigo syphilitique, si commun dans le cuir chevelu des adultes, y est, comme nous l'avons \u,