PARTIE II. DESCRIPTION
voile du palais ; une fois la carie du tibia, par M. Laborie ; trois fois une roséole déclarée vénérienne, par M. Cullerier, etM. Galligo, une fois par M. Moreau et liaron, une fois par M. Depaul ; une éruption pustulo-crustacée de la face : une fois enfin la carie, reconnue par M. Cruveilhier, des voûtes orbitaires. Nous ne parlerons pas des affections du poumon et du thymus, qui ont coexisté fréquemment avec lepemphigus, parce que leur nature syphilitique aurait-elle même, bien que probable, besoin d'être démontrée directement.
D'un autre côté, le pemphigus des nouveau-nés n'est pas syphilitique, dit M. Cazeaux, parce que :
1° La description du pemphigus soi-disant syphililique des nouveau-nés ne diffère en rien du pempbigus simple des adultes. Ce sont les mêmes caractères, sans aucun de ces signes spéciaux qui appartiennent aux syphilides et les différencient si nettement sur place même, des éruptions ordinaires.
2° Cette espèce de pemphigus parait à la naissance ou immédiatementaprès. Or les symptômes de la syphilis héréditaire, ne se montrent généralement que beaucoup plus tard. (Cet argument a été surabondamment réfuté, du moins clans ce qu'il aurait d'exclusif, parce qui a été dit dans la section de l'Etiologie).
3° A l'Ourcine, hôpital où accouchent un grand nombre de femmes ou vérolées ou fécondées par un homme dans ce cas, on n'a jamais vu d'enfant attaqué de pemphigus.
Nous ne citons que les arguments directs ; car l'exa-
mendesappréciations et contestations personnellesauxquelles chacun d'eux a été soumis ne serait pas ici à sa place. On en pourra d'ailleurs prendre connaisancedans les procès-verbaux de ces instructives séances. Ce qui doit nous préoccuper exclusivement, ce qui va nous fournir les bases d'un jugement, ce sont seulement les faits que la discussion a mis en lumière, et dont la réalité a survécu au contrôle, mortel pour toute allégation inexacte, d'une discussion aussi longue, aussi passionnée que le fut celle-ci. Or, en ne tenant compte que de ces éléments inattaquables, on doit regarder comme établi :
A. Que le pemphigus des nouveau-nés ne présente aucun des caractères physiques qui différencient une syphilide d'une affection cutanée simple. La forme circulaire n'existe point. La couleur cuivrée fait aussi défaut ; et cette teinte violacée, qu'on pourrait prendre pour une de ses modifications, manque, de l'aveu de M. Paul Dubois, autour des bulles du tronc. Il n'y a rien de plus constant ni de plus significatif dans la présence du pus jaunâtre dans les bulles, laquelle, selon M. Bouchut ('), serait un bon signe distinctif. Les ulcérations, le plus souvent absentes, très-superficielles quand elles existent, n'ont que rarement une certaine profondeur, mais jamais le fond grisâtre, ni les bords taillés à pic. Or, Gilibert, MM. Rayer et Gibert ont vu des ulcérations à la suite du pemphigus simple des adultes.
(') Traité pral. des mal. des nouveau-nés, p. 8G9.