PARTIE II. — DESCRIPTION
B. Que le pemphigus syphilitique chez l'adulte est une affection rare, si même elle existe réellement. Aucun auteur n'en cite. Gilibert n'a pas de place pour cette variété dans sa classification, si riche cependant en divisions. M. Gibert (') dit formellement : « ni chez le nouveau-né. ni chez l'adulte on n'observe la forme pemphigoide comme manifestation de la syphilis; » je n'en ai moi-même rencontré aucun exemple ni dans ma clientèle, ni dans l'hôpital spécial où j'ai pu observer. M. Cazenave écrit ( 2 ) : « le pemphigus syphilitique n'est pas une maladie très-rare, mais il attaque exclusivement les nouveau-nés, ou du moins je ne connais que cette forme. » M. Ricord, qui admet le pemphigus vénérien de l'adulte, avoue ( 3 ) « qu'il n'y a aucun signe distinctif servant à différencier le pemphigus syphilitique du non syphilitique, comme cela a lieu pour d'autres affections cutanées. »
Ainsi tandis que toutes les syphilides du nouveauné ont leur équivalent dans les éruptions syphilitiques de l'adulte ; tandis que les syphilides se distinguent, toutes, sans exception, par des particularités d'aspect tellement tranchées que, là où elles manquent, le médecin est autorisé à déclarer l'affection non vénérienne, seul, le pemphigus voudrait faire exception et prendre place dans cette famille si reconnaissable à ses traits, sans présenter le moindre rapport physique
(') Séance de l'Acad de méd., 17 juin 18ïl.
( 2 ) Ouvr. cité, p. 277.
f) Séanr-e de l'Acad. de méd., 1 er juillet 1851.
avec aucun de ses membres. Pour prouver son identité, la ressemblance lui manquant, il cherche à arguer de son origine et de ses alliances. Mais ces titres sont-ils valables? Et est-ce ici le cas de dire que le fond emporte la forme? Oui, certes, si tous les enfants pemphigoïdes provenaient de parents infectés de syphilis, si tous aussi offraient, simultanément avec des bulles, des traces évidentes de vérole constitutionnelle, on pourrait fermer les yeux sur le défaut de signes caractéristiques et regarder ces coïncidences comme des preuves. Mais il n'en est point ainsi. Souvent dans cette circonstance on fait, et on a le regret d'avoir fait sans résultat, un procès de tendance au père et à la mère. Plus souvent le pemphigus est l'unique lésion appréciable chez l'enfant.
Avouons-le cependant : le nombre des cas de pemphigus infantile où l'affection vénérienne a pu être constatée chez les parents, est assez considérable pour faire impression sur les esprits non prévenus. Aussi quoique la plupart des académiciens se soient renfermés dans le doute sur la nature de celte éruption, l'opinion mixte, de conciliation, qui en fait non un résultat immédiat de la syphilis, mais une suite indirecte de la débililafion que cette diathèse occasionne, a-t-elle rallié beaucoup de suffrages ? Nous adoptons nous-mème cette solution; mais nous tenons à l'expliquer et à la préciser.
Qu'un sujet rendu cachectique par l'influence de conditions antihygiéniques puisse contracter un pem-