PARTIE II. DESCRIPTION
phigus : c'est ce qui serait aisément prouvé par des faits. Que la syphilis des parents, en empoisonnant chez le fœtus les sources de la vie, soit apte h produire le même effet : rien ne s'oppose non plus à ce qu'on l'admette. Mais lorsqu'on compare numériquement les conséquences des causes diverses, on est surpris de voir, quoique tant d'éléments d'affaiblissement autres que la syphilis pèsent sur le produit de la conception, que sur un total donné de nouveau-nés pempbigoïdçs, la syphilis des parents rendra beaucoup plus souvent compte de leur maladie que toute autre cause. Ceci conduit naturellement à penser que l'intoxication vérolique du père ou de la mère, sans avoir fonctionné ici à titre d'agent spécifique, a cependant joué dans la production du mal un rôle plus spécial qu'une influence débilitante quelconque.
Or, si pour pénétrer l'essence et la portée de ce rôle, nous jetons les yeux sur ce qui se passe chez l'adulte, nous verrons que la syphilis y détermine, et cela très-fréquemment, certaines conséquences à forme symptomatologique bien distincte, qui, sans être des signes de la vérole, en dépendent néanmoins de la façon la plus évidente. Ainsi l'état chloro-anémique survient fort souvent à un certain moment de la période secondaire. Ainsi l'alopécie affecte un grand nombre de vénériens vers la même époque. Sont-ce là, à les prendre isolément, des preuves suffisantes de l'existence de la syphilis? Non sans doute ; car ces perturbations ne s'accompagnent point des caractères physi-
ques d'une lésion vénérienne ; et de plus, on les rencontre assez ordinairement chez d'autres individus, et dues à des causes toutes différentes. Mais enhVelles sont assez communément liées à la vérole pour que, en voyant un homme dans la force de l'âge et la plénitude de la santé, frappé de chloro-anémie ou de la chute des cheveux, je me dise, et cela sans me tromper bien souvent : la syphilis a passé -par là. — Or, ces effets qui ne sont pas des signes mais des indices, ces altérations qui ne permettraient pas de condamner, mais autorisent à accuser, nous servent justement d'exemple pour fixer les limites dans lesquelles nous croyons que le pemphigus dépend de la syphilis. 11 n'en porte point le cachet : il nait d'elle spécialement et non spécifiquement. Lorsqu'elle est poussée à un certain degré, la diathèse le produit en raison de l'alanguissemenl quelle a imprimé à l'organisme et non par suite de l'intoxication qu'elle y a opérée. Cette éruption annonce plutôt le degré de l'infection qu'elle ne révèle sa nature. Ce n'est point un réactif: c'est un thermomètre. Mais le thermomètre, par la régularité et la constance de ses mouvements à l'approche de certains corps, ne peut-il point dénoter quelquefois à l'observateur attentif autre chose que leur température? Le degré d'ébullition de certains liquides, par exemple, ne suffit-il pas pour faire reconnaître qu'ils appartiennent à la classe des éthers ? Eh bien ! il en a été précisément ainsi du pemphigus pour les pathologistes éminenls qui ont analysé les circonstances où il se mani-