‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 55 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

feste, et qui n'ont erré que dans une faible et bien excusable mesure en supposant un lieu de causalité intime là où il y avait seulement les rapports d'une filiation médiate. — Au point de vue thérapeutique, ces exemples déjà cités de la chlorose et de l'alopécie expliquent encore le succès de certains traitements tout en réduisant à sa juste valeur le parti qu'on en voudrait tirer pour conclure à la nature syphilitique de la lésion. Ainsi M. Depaul a publié un cas de pemphigus de nouveau-né, où l'éruption s'amenda et s'effa<a presque complètement pendant l'administration du sublimé. Deux résultats semblables ont été obtenus par M. Galligo. Mais tout le monde sait que dans la chlorose syphilitique le mercure donné avec modération est le meilleur remède. Même remarque pour la cure de l'alopécie qui survient durant les accidents secondaires (pourvu bien entendu qu'elle n'ait pas été causée par l'abus du mercure) . Ainsi le traitement de la diathèse est en même temps le traitement de ses effets même éloignés. Ce qui ne signifie point cependant que le spécifique ait ici une puissance égale à celle qu'il déploie contre les accidents constitutionnels franchement caractérisés et sans complication ; car, disonsle pour terminer, les cas de MM. Depaul et Galligo sont jusques à présent les seuls où l'on ait vu la médication antivénérienne enrayer la marche du pemphigus congénial.

11 m'a été donné d'observer un cas bien propre à démontrer la vérité de ce qui vient d'être avancé : je

le relate avec quelques détails en raison de sa parfaite appropriation à la thèse actuelle, et quoiqu'il ait trait à un adulte :

Joseph L..., âgé de 34 ans, de constitution faible, pâle et chétif, exerçant depuis longtemps, au village de H..., la profession de tisserand, avait eu, étant au service, un chancre qu'il traita par la seule cautérisation, puis divers accidents peu graves, mais dénotant l'intoxication syphilitique : pustules rebelles et fréquemment récidivées à l'anus et au scrotum, écailles des mains et des pieds, croûtes épaisses du cuir chevelu. Un traitement par des pilules l'en débarrassa au bout de six mois.

Rendu à la vie civile, J. L... ne resta jamais plus d'une année sans être tourmenté par la réapparition de quelques suites de ce mal. Des douleurs, vagues d'abord, se localisèrent au cubitus droit et aux deux tibias : plusieurs fois des tubercules se formèrent dans l'épaisseur du voile palatin et suppurèrent.

Sous l'influence des douleurs nocturnes, cet homme, usé d'ailleurs par d'anciens excès et parles conditions antihygiéniques de son métier actuel, maigrit, dépérit et s'étiola. Peu de tentatives thérapeutiques régulières furent dirigées contre les dernières altérations syphilitiques, malgré l'atteinte profonde qu'elles portaient manifestement à la santé générale. H entra à la fin de juillet 1845 à l'hôpital de l'Antiquaille, pour une éruption dont le début datait de six semaines environ. A cette époque, après quelques jours de malaise, il s'était élevé sur les jambes, les bras et le ventre, de larges ampoules, qui bientôt s'affaissèrent, de sorte que, lors de l'entrée du malade, on ne voyait plus dans ces régions, plus rouges qu'à l'état normal, que l'épiderme plissé et desséché sous forme d'écailles minces. La poitrine et le cou, moins anciennement et moins gravement affectés, n'offraient qu'une desquamation îégère.

Toutes ces parties étaient douloureuses au toucher. Depuis

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