‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 56 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

là jours un mouvement fébrile s'était établi, continu avec exaceibation le soir; soif vive, bouche pâteuse, inappétence, faiblesse progressive. Aucune teinte cuivrée de l'éruption.

En même temps on constata sur le tibia droit une exostose ancienne, stationnaire, presque indolente; sur le tibia gauche, près du genou, une périostose d'origine un peu plus récente, siège de douleurs nocturnes; au-dessous du coude droit, un nodus volumineux, résistant, douloureux, ayant dé^à un peu enflammé la peau. Tous ces accidents existaient bien avant le début des pemphigus et ne se sont point aggravés depuis son apparition. L'iodure de potassium fut administré; mais il ne fit diminuer que les douleurs ostéocopes, et n'exerça pas d'influence aussi marquée sur le nodus, dont la proéminence s'affaissa cependant un peu.

Quant au pemphigus, dont plusieurs nouvelles bulles se développèrent sous mes yeux, il suivit une marche constamment et rapidement croissante. Les bains gélatino-sulfureux, puis alcalins, les préparations de fer et de quinquina, associéesà l'opium, aidées des topiques appropriés, ne purent arrêter les progrès de cette affection, non plus que l'influence fâcheuse exercée à son tour par elle sur la santé générale; le malade alla en s'affaiblissant de plus en plus, et succomba deux mois après son admission. — Dans ce cas, le diagnostic de pemphigus simple chronique fut porlé par plusieurs médecins. La nature de la maladie ne peut donc faire l'objet d'un doute. Quant à son origine, plusieurs influences concouraient à en expliquer l'apparition chez cet individu, mais il n'est pas douteux que l'état syphilitique tertiaire, si éminemment débilitant, n'en ait été la cause principale, puisque c'est à partir du moment où les accidents de cette période se déclarèrent, que commença l'affaiblissement constitutionnel profond, véritable agent producteur du pemphigus.

| 8. — Coryza.

L'histoire de cette maladie est singulière. Tous les

auteurs sans exception la considèrent comme une inflammation de la muqueuse et la dénomment en conséquence. Bertin (') la classe parmi les catarrhes vénériens; et cependant elle diffère essentiellement des phlegmasies par ses symptômes, ainsi que va nous le révéler leur énumération.

L'enfant rend par les narines un liquide d'abord ténu et séreux, mais qui prend bientôt plus de consistance. 11 parait enchifrené, mot qui peint vulgairement, mais très-clairement, l'état de la voix et de la respiration dans ce cas. Cet embarras de la respiration nasale s'opère selon un mécanisme assez curieux à étudier. Pendant que le nouveau-né tette, l'air ne peut pénétrer dans sa poitrine que par les fosses nasales : il circule donc plus rapidement à ce moment dans ces cavités, et l'évaporation du liquide qu'elles contiennent devenant plus active dans la même proportion, il en résulte la déposition des parties solides de ce liquide, en d'autres termes, la formation de croûtes. Or, dès qu'une croûte s'établit, elle en provoque de nouvelles; car elle rétrécit d'autant le passage, accélère d'autant la respiration, l'évaporation, etc. C'est par ce cercle vicieux que l'on se rend compte ■de l'obstruction si prompte des narines chez les enfants atteints d'un semblable coryza.

En même temps, les efforts continuels que cet embarras détermine détachent les croûtes, ce qui sur une

(') Berlin, ouvr. cité, p. 38.

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