PARTIE I. — ÉT10L0GIE
moi, en parlant des enfants qui naissent avec la maladie il entend seulement dire qu'ils naissent avec son germe : interprétation que l'apparition de pustules tôt après, et non pas immédiatement, vient encore confirmer. 11 ne serait donc question , d'après lui, que d'une infection au passage.
Botal (1563) pourrait passer pour un partisan de l'infection par génération, si l'on voulait arguer de ce qu'il ne dit pas en même temps que de ce qu'il dit : « Pueri ex infecta matre editi , inculpatam œtatem agent longaevam, modo a sana nutrice aliti fuerint. » Laissons de côté l'erreur d'une infection susceptible de s'opérer par le lait de la nourrice. Faudra-t-il conclure de cette phrase que, si, au contraire, ils n'ont pas sucé de bon lait, les enfants, selon lui, subiront ensuite les conséquences pathologiques de l'infection maternelle ?
Le xviic siècle compte L. Guyon-Dolois qui croit à la vérole héréditaire, à l'infection par le lait, à la transmissibilité du mal aux nourrices. Plus tard, Musitanus insista sur ce dernier ordre de faits. Garnier s'occupa particulièrement du traitement des enfants véroles. De Blegny enfin, appela l'attention sur les causes accidentelles de contagion pour le nouveau -né, et sur le danger infaillible de la contagion par l'allaitement quand la nourrice a la syphilis. Mais ici nous commençons à aborder celte partie de l'histoire, plus rapprochée de nous, et que Mahon a traitée d'une manière aussi complète que nous avons tâché nous-
mêmes de le faire pour ce qui concerne les temps les plus reculés.
Dans le cours du xvm e siècle parurent d'abord les recherches toutes spéciales de Boerhaave qui décrit les diverses sources et le mécanisme variable de l'infection. Vint ensuite l'ouvrage d'Astruc , dissertation savante et approfondie, mais se bornant sur ce sujet à reconnaître et spécifier la part différente du père et de la mère dans la contamination de leur produit, et à préconiser, en outre, le traitement indirect. Rosen, le premier, insista sur la symptomatologie, et fit connaître, par ses effets , la maladie que jusque-là on avait presque exclusivement étudiée dans ses causes. Levret s'attacha principalement à montrer le pouvoir du traitement mercuriel administré en temps opportun. Fabre multiplia, sans plus de preuves que d'ordre, les divisions et les subdivisions au point de vue écologique. Enfin les exagérations de Sarichezqui, chez les nouveau-nés , voyait la vérole partout, même dans la couleur verdàtre des excréments , non moins que les négations hardies de Hunier, menaçaient de faire rétrograder cette branche encore si peu avancée de la syphilographie, lorsqu'en 1780 fut créé à Vaugirard un hôpital spécial pour les femmes enceintes affectées de syphilis et leurs enfants. Dès lors la possibilité d'observer de près et sur une large écbelle, de comparer les résultats de pratiques différentes, imprima à l'étude de la syphilis congéniale une impulsion qui, depuis, ne s'est plus ralentie. Les noms de Faguer de