PARTIE II. — DESCRIPTION
denco de la première poussée secondaire, et dont chaque syphilographc a vu de nombreux exemples chez les sujets en proie à la diathèse constitutionnelle? Il n'y a certes aucune raison pour que la même cause spécifique ne produise pas les mêmes effets à quelque âge qu'elle s'exerce. Or l'évolution symptomatologique de la vérole se ressemble si exactement chez les nouveau-nés et chez l'adulte, qu'il n'y aurait rien de surprenant à trouver entre elles ce caractère commun de plus. 11 y aurait plutôt lieu, ce me semble, de s'étonner s'il manquait chez le premier, alors que le dernier en offre si souvent les marques, alors qu'il n'est pas de médecin qui ne l'ait observé au début de la maladie. Du reste, il suffit d'avoir éveillé sur ce point l'attention des cliniciens. Des recherches stéthoscopiques et cliniques, si aisées pour ceux qui sont placés dans les conditions favorables, auront bientôt décidé la question. L'importance thérapeutique qu'elle est susceptible d'acquérir la recommande suffisamment à leur zèle.
La rareté ou la ténuité des cheveux, l'absence des sourcils et des cils, le peu de développement ou la lenteur de croissance des ongles s'ajoutent assez généralement aux phénomènes de cet ordre et complètent la physionomie spéciale qu'ils impriment à l'enfant.
§ 12. — Lésions des viscères.
Exagérées par les anciens dont le cadre nosologique
avait, dans chaque maladie grave, une place en réserve pour la variété dite syphilitique, ces lésions ont été à la fois plus restreintes et mieux étudiées par les syphilographes modernes. Il existe, quant à leur mode de production, une différence fondamentale entre la syphilis acquise des adultes et la syphilis congéniale. Dans la première, les altérations du foie, du cœur, des poumons, du cerveau, sont presque toujours des tuhercules; leurs progrès sont lents; elles ne paraissent qu'à une époque très-avancée de l'évolution morhidc et appartiennent donc parleur date autant que par leur nature à la période tertiaire. — Le nouveau-né, au contraire, les offre comme symptômes très-hâtifs, souvent même comme les plus précoces de l'affection dont il a reçu le germe dans le sein de sa mère. De plus, elles affectent plus particulièrement chez lui, à part dans le foie, la forme suppurative, et leur marche est extrêmement rapide : tous caractères qui semblent les ranger parmi les accidents de la phase secondaire.
La fréquence des lésions viscérales chez l'enfant commence maintenant à être appréciée ; mais elle est loin encore d'être aussi souvent reconnue qu'elle existe réellement. Plus on perfectionnera les moyens de les diagnostiquer sur le vivant, plus on trouvera l'occasion d'en multiplier les exemples cliniques. Par elles on peut expliquer d'une manière plus rationnelle la débilité et la mort si commune de l'enfant frappé de syphilis, conséquences regardées jadis comme l'effet direct du virus sur les forces radicales de l'économie.