‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 61 sur 204 · PARTIE 11. — DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE 11. — DESCRIPTION

Espérons que les travaux récents, en montrant les causes de mort dans une lésion locale et non plus dans une influence indéterminée, n'auront pas seulement contribué à éclairer le diagnostic, et qu'elles pourront ouvrir de nouveaux et fructueux aperçus à la thérapeutique.

A. — Lésions des poumons. — Sans prétendre nier aucune des maladies pulmonaires syphilitiques, dont M. Lagneau fils (*) a récemment compté jusqu'à sept espèces, nous n'aurons à décrire ici, ne voulant pas franchir les limites de notre sujet, que l'altération spéciale des poumons , dont M. Depaul ( 2 ) soumit en 1851 la description au jugement de l'Académie de médecine. Elle consiste dans la présence, au sein du parenchyme pulmonaire, d'indurations de volume et de nombre variables, de densité pareille à celle du foie. Quelques-unes d'entre elles font sous la plèvre une saillie appréciable; alors l'organe offre dans le point correspondant une couleur jaunâtre beaucoup plus prononcée que le reste de la surface : c'est là le premier degré de la maladie.

A une période plus avancée, le noyau induré s'est ramolli; si on l'incise, on le trouve formé à l'intérieur d'un tissu compacte d'un jaune grisâtre , au centre

(') Des malad. pulmon. causas ou influencées par la syphilis. — Thèse de Paris, 18S1.

( 8 ) Séance de l'Acad. de méd. du 39 avril 1851. — Gaz. méd. de Paris, 18Si,p. 392.

duquel existe une cavité contenant un liquide séro-purulent , et plus ou moins abondant selon le volume de l'induration. Le microscope y décèle les caractères les plus tranchés du pus.

Ce liquide purulent, qui était d'abord infiltré ou aggloméré en petits foyers , se réunit plus tard de manière à constituer des collections assez étendues.

En général, les indurations sont déjà développées au moment de la naissance ; elles parcourent rapidement et, on peut le dire , fatalement leur marche , jusqu'à une terminaison prochaine et toujours inévitablement mortelle. Les symptômes qui en résultent sont ceux de la pneumonie lobulaire, avec laquelle cette maladie a, du reste, des rapports très-étroits.

La suppuration pulmonaire des nouveau-nés coïncide ordinairement avec d'autres lésions. Parmi cellesci, il en est de manifestement syphilitiques; mais il en est aussi de douteuses. Et, il faut l'avouer, ces dernières sont celles dont la coexistence a été le plus souvent notée. Ainsi M. Depaul a observé, dans plusieurs de ces cas, des suppurations du thymus, des bulles de pemphigus et une« augmentation du volume dufoie( 1 ). » M. P. Dubois et M. Cruveilhieront,dc leur côté, constaté que le pemphigus s'observe fréquemment chez les nouveau-nés qui succombent à ces suppurations du

(') Cette mention si abrégée ne désigne-t-elle pas l'induration spéciale du foie, maladie qui, effectivement, n'a été connue ou du moins bien décrite par M. Gubler, que postérieurement au travail de M. Depaul? Nous avons des raisons pour le penser.

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