‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 62 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

poumon. Il y a cependant des faits (et l'observation de M. Depaul, lue à l'Académie de médecine, le 22 juillet 1851, en offre un exemple), où l'induration pulmonaire était la seule lésion viscérale; car il est spécifié que « le foie, la rate et le cerveau furent examinés sans qu'on pût y découvrir la moindre altération. » M. le docteur Ch. Teirlinck (') rapporte aussi l'histoire d'une femme affectée de pustules plates nombreuses, qui accoucha à sept mois d'un enfant très-petit ayant l'aspect sénile, lequel ne vécut que quatre heures. Il n'avait qu'un seul noyau induré, de 7 à 8 millimètres de diamètre dans le poumon gauche, où le microscope révéla la présence de globules purulents. Aucune lésion, soit sur la peau, soit dans les viscères des différentes cavités ne put être découverte malgré l'examen le plus approfondi. — En présence de ces faits, il n'est pas permis de penser que cette affection du poumon soit l'expression dernière d'une cachexie qui a désorganisé tous les viscères essentiels à la vie.

D'autre part , dans un certain nombre de cas, mais c'est la minorité, on a reconnu chez ces sujets la présence de pustules, de plaques muqueuses, en un mot, de signes évidents et non équivoques de syphilis constitutionnelle.

Souvent enfin, et ceci n'a pu être nié, les parents avaient été en proie à la diathèse syphilitique. M. Depaul a même constaté, à ce sujet, que l'affection pul-

(') Annal, et bull. de la soc. de méd. de Gand, 1852, p. 93.

monaire peut résulter des modes d'origine les plus, variés. Ainsi, il l'a trouvée une fois chez un enfant dont la mère était saine , mais dont le père avait contractéun chancre induré deux mois avant le moment de la conception. Chez un second les deux époux avaient eu la vérole. Dans un troisième cas, la mère avait pris la syphilis au second mois de la grossesse. Dans le fait de M. Teirlinck la syphilis constitutionnelle chez la mère était incontestable; mais on ne put préciser si elle l'avait eue avant ou seulement depuis la conception.

B. — Suppuration du thymus. — M. le professeur P. Dubois a attaché son nom à cette curieuse affection par les investigations consciencieuses qu'il publia en 1850 (') sur les altérations anatomiques dont elle est la cause. Voyant succomber, peu de jours après leur naissance, des enfants dont les parents avaient eu la syphilis, et ne pouvant expliquer cette terminaison par la gravité des symptômes de la peau ou des muqueuses, il eut l'idée de soumettre leurs viscères à un examen plus attentif qu'on ne le fait en général, et arriva assez fréquemment par là à reconnaître l'existence de l'affection dont nous nous occupons.

Elle se présente presque toujours sous une forme identique. Considéré à l'extérieur, le thymus n'offre rien d'extraordinaire quant à sa couleur et à son vo-

(') Gaz. mtd. de Paris, 20 e année, p. 392.

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