‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 63 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

lume ; mais en le pressant après l'avoir incisé, on en fait aisément sortir des gouttelettes d'une matière demi-liquide , d'un blanc jaunâtre, ayant toutes les apparences du pus. M. Donné, à qui M. P. Dubois avait remis pour l'analyser un peu de ce liquide, y trouva effectivement tous les caractères du véritable pus.

Dans tous les faits cités par M. P. Dubois, le pus paraissait être disséminé dans le tissu de l'organe et non réuni en foyer. M. Depaul a aussi trouvé une fois cette disposition. Mais dans un autre cas, ce dernier observateur (') a noté que le thymus offrait dans chacun de ces lobes une petite cavité , remplie par une matière grumeleuse, jaunâtre et assez épaisse. Chez cet enfant le thymus était un peu plus volumineux que de coutume.

Des cinq enfants affectés de cette maladie , dont M. P. Dubois et M. Depaul ont rapporté l'histoire , un était mort avant de naître ; deux vécurent seulement quelques minutes ; un, six jours; un, huit jours.

On trouva deux fois les poumons suppures; chez un troisième sujet, « le lobe inférieur du poumon droit offrait une dureté insolite ; » chez un quatrième, les poumons pi'ésentaient de petites ecchymoses sous la forme de taches rouges.

Quatre fois sur cinq on a vu des traces non équivoqueset ordinairement très-prononcées de pemphigus. Aucun autre symptôme se rattachant aux phénomènes

(') Mémoire cité, obs. I .

ordinaires de la syphilis n'a été aperçu sur la peau, ni sur les muqueuses de ces enfants.

Quant à l'origine de la maladie, on trouve quatre fois la syphilis préexistant plus ou moins longtemps avant la conception , soit chez le père , soit chez la mère, soit chez tous les deux. Dans le cinquième cas, nul renseignement ne put être obtenu sur la santé antérieure des parents.

M. P. Dubois signale, pour l'enseignement des futurs observateurs, une cause d'erreur possible dans ces recherches. Le thymus sécrète pendant la plus grande partie de la vie fœtale, un liquide blanchâtre et visqueux , qu'avec un peu d'inattention on pourrait prendre pour du pus. Mais ce fluide a une couleur blanche, opaline, transparente, qui ne doit pas permettre de le confondre avec du pus proprement dit, lequel en diffère par sa consistance crémeuse, sa couleur jaune et son opacité.

D'après le même auteur, la production du pus, dans cette circonstance, serait le résultat de l'inflammation des conduits et du réservoir de cet organe , que A. Cooper a décrits. Ce siège particulier et ce mode d'origine de la suppuration lui paraissent être prouvés par la dissémination habituelle de la matière purulente et par son apparition, en gouttelettes, à la surface d'une coupe de l'organe sur lequel on exerce une compression suffisante.

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