‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 64 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION. 14U · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION. 14U

disiacus, pour voir quelle large part les premiers syphilographes faisaient au foie , qu'ils regardaient non-seulement comme le siège principal, mais encore comme l'organe générateur du mal français. De nos jours, ces idées ont été complètement abandonnées : peut-cire même s'était-on trop avancé dans la réaction contraire. A peine rapportait-on, de loin à loin, quelques cas de tubercules du foie chez des sujets tertiaires. Mais ces faits même passaient pour extrêmement rares; et l'on ne croyait plus à l'existence d'une affection habituelle, commune de l'organe hépatique, liéeà lasyphilis, lorsque M. Gubler (') vint rappeler l'attention sur ce point en démontrant anatomiquement l'existence d'une altération particulière du foie chez un grand nombre des nouveau-nés atteints de syphilis héréditaire. Plus heureux que M. Depaul, il n'a eu aucune peine à faire admettre cette nouvelle affection parmi les effets les plus incontestés de la syphilis; les exemples en sont tellement nombreux, tellement probants , qu'il n'y a pas eu un seul instant d'hésitation sur le rang qu'on devait donner à cette maladie dans le cadre syphilographique.

Lorsque la lésion est portée à son summum, le foie est sensiblement hypertrophié, globuleux, dur, difficile à entamer avec les doigts qui finissent par le déchirer sans laisser aucune impression à sa surface. Son élas-

(') Gaz. drshùp., 1848, numéro de janvier; et Gaz. tnêd., 1852, p. 262.

tieité est telle que, si l'on presse un morceau cunéiforme emprunté à son bord tranchant, il s'échappe, à la manière d'un noyau de cerise, et rebondit sur le sol. Incisé, il crie un peu sous le scalpel.

L'apparence distincte des deux substances s'est complètement évanouie. Seulement sur le fond jaunâtre, uniforme, on découvre un semis plus ou moins clair de petits grains blancs, opaques, ayant l'aspect de grains de semoule, et, de plus, des arborisations déliées, constituées par des vaisseaux exsangues.

En exprimant ce tissu on n'en fait pas sourdre de sang, mais seulement une sérosité légèrement jaune qui est une dissolution albumineuse.

Mais M. Glubler n'a vu que trois fois l'altération portée à ce degré. Le plus souvent elle est beaucoup moins caractérisée. Ainsi, le tissu du viscère est ferme, sans avoir cette excessive dureté et cette coloration jaune qu'on pourrait comparer à celle de certaines pierres à fusil. L'intérieur de l'organe offre plutôt une couleur indécise nuancée de jaunâtre et de brun-rouge plus ou moins atténué : mais nulle part le parenchyme ne semble être tout à fait sain.

Du reste, l'altération peut aussi n'occuper que des parties circonscrites : M. Gubler l'a vue bornée au lobe gauche, au bord tranchant du lobe droit et au lobe de Spigel.

L'injection lui a démontré que dans le tissu induré la trame vasculaire est à peu près imperméable ; que Jes réseaux capillaires sont oblitérés et que le calibre

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