PARTIE II. DESCRIPTION
des vaisseaux d'un ordre plus élevé est lui-même considérablement rétréci. L'examen microscopique lui a t'ait découvrir la cause de cette disposition en dévoilant dans le tissu altéré la présence d'une quantité souvent considérable, parfois énorme, d'éléments fibroplastiques, à tous les degrés d'altération de l'organe. D'ailleurs, au milieu de ces formations nouvelles, les cellules du parenchyme hépatique conservent tous les caractères de l'état normal.
Les conséquences physiques de la déposition de ces éléments , sont, on le comprend , l'augmentation de volume du foie, la compression des cellules propres des acini, l'effacement des vaisseaux, et par suite la cessation de la sécrétion biliaire. Aussi chez tous les sujets dont M. Gubler a fait l'autopsie, a-t-il toujours trouvé la bile de la vésicule d'un jaune pâle et très-filante, c'est-à-dire très-riche en mucus et trèspauvre en matière colorante.
Le sang était presque toujours manifestement altéré, sa partie solide offrant la consistance delà geléede groseille molle, et la portion liquide étant plus abondante. Chez un sujet, ce changement coïncidait avec une extrême décoloration de tous les tissus et d'innombrables ecchymoses. Les poumons ont offert une fois les caractères de la pneumonie aiguë, et deux fois ceux de la pneumonie chronique ou pancréatiforme.
Enfin les lésions concomitantes de la syphilis ont consisté en taches psoriasiques, pustules d'ecthyma
lenticule, ecthyma profond ulcéré, plaques muqueuses, fissures au pourtour des ouvertures naturelles ainsi que dans les plis des jointures, et inflammation des fosses nasales avec sécrétion purulente et sanguinolente.
La nature vénérienne de l'affection hépatique est déjà rendue très-probable par la coïncidence constante de quelques-uns des symptômes précédents chez tous les enfants sur lesquels on l'a constatée. Mais ce qui complète la démonstration, c'est que M. Gubler ne l'a rencontrée dans aucune autre maladie générale que dans la syphilis congéniale. Comme lui, MM. Trousseau, Horteloup, Cullerier, Depaul, Lenoir, Lebert, en ont, de leur côté, observé des exemples. Dans huit des neuf cas qui appartiennent à M. Gubler, les manifestations extérieures de la syphilis constitutionnelle étaient tellement caractérisées que le diagnostic ne laissait rien à désirer. Cependant il est à regretter que, en général, on n'ait pu se procurer de renseignements sur l'état des parents. Cette lacune ne saurait constituer à mes yeux une objection valable contre la nature syphilitique de l'affection hépatique. Mais les renseignements de cet ordre, s'ils avaient été suffisamment précis , auraient jeté une vive lumière sur les conditions étiologiques spéciales dans lesquelles elle se produit, point véritablement important, et resté encore assez obscur, de son histoire. Chez deux malades du service de M. Cullerier on a reconnu que l'infection et la conception avaient été pour elles deux