PARTIE. II. — DESCRIPTION
faits à peu près contemporains, car elles étaient couvertes d'accidents secondaires tardifs. Mais ce n'est là toutefois qu'une probabilité.
Enfin l'induration du foie peut se développer durant la vie intra-utérine même. M. Desruelles et M. Cazenave en ont chacun constaté les caractères les plus accentués chez un fœtus mort au moment de sa naissance.
Suivant M. Gubler, cette lésion, analogue au sarcocèle syphilitique ou aux tumeurs sous-cutanées connues sous le nom de gommes, est un accident de la période tertiaire. Ce n'est pas qu'il ait rencontré, existant avec elle, d'autres altérations tertiaires proprement dites. Toutes au contraire appartenaient à la phase secondaire de l'évolution constitutionnelle, mais à la phase secondaire tardive. D'ailleurs les autres lésions viscérales infantiles, dont celle du foie doit légitimement être rapprochée, présentent, elles aussi, ces mêmes coïncidences symptomatiques.
Les signes de cette affection sont d'autant plus difficiles à saisir, qu'ils ne précèdent en général que de très-peu de jours la terminaison fatale, sa conséquence ordinaire. Les petits enfants gémissent, agitent incessamment les jambes en signe de souffrance; il survient des vomissements, de la diarrhée ou de la constipation; le ventre se météorise, devient sensible à la pression ; le pouls s'accélère et s'affaiblit ; l'expression de la face s'altère, et la mort arrive deux ou trois jours après le début de ces symptômes.
Un fait bien remarquable, c'est que, malgré l'étendue et le degré de la maladie, alors même que le foie en entier est envahi par l'induration, il n'y a jamais d'ictère. M. Gubler n'en a pas observé un seulexemple.
Le palper et la percussion peuvent, en dénotant un volume et même une dureté plus considérable de ce \iscère, faire, dans les circonstances spéciales où on la soupçonne, reconnaître l'induration syphilitique du foie. Portai avait déjà indiqué ce signe, et bien décrit la manière de le constater.
M. Gubler n'a vu qu'une seule fois l'anasarque des extrémités inférieures et d'une partie du tronc coïncider avec cet étal. Mais, considérant que, si elle eût dépendu d'un obstacle à la circulation des vaisseaux qui traversent le foie, elle aurait dû s'accompagner d'épanchement séreux dans l'abdomen, il l'attribue plutôt à l'état du sang et à la diarrhée abondante qu'avait ce sujet.
Nous aurons plus tard à mentionner les recommandations thérapeutiques que M. Gubler formule pour triompher de cette redoutable dégénérescence, une fois qu'on en a soupçonné l'existence. Il nous suffit pour le moment de dire que, chez un nouveau-né syphilitique qui succomba plus tard à une maladie intercurrente, M. Cullerier trouva sur le foie une plaque fibreuse, sorte de cicatrice, qui lui parut avoir succédé à une infiltration plastique de ce genre. Or, cet enfant avait été guéri de la syphilis, et en avait été guéri par le proto-iodure de mercure.