PARTIE H. — DESCRIPTION
tous cette pensée d'une différence fondamentale entre les effets de la vérole, selon qu'elle est communiquée à l'embryon au moment de sa formation ou à partir de cet instant.
Plusieurs écrivains dogmatiques l'ont même consacrée dans leurs livres en affectant des désignations spéciales à chacune de ces deux variétés. M. Cazenave (*) appelle la première héréditaire, réservant pour la seconde le nom de congéniale. Mahon ( 2 ) « présume que les fœtus nés avant terme, avec la peau ridée ou l'épiderme desséché, sont ceux qui étaient infectés par le fait même de la conception ; et que ceux infectés par les humeurs de la mère, sont souvent sans symptôme au moment de la naissance. » J. L. Petit, d'après Fabre, enseigne que : « si le père ou la mère n'ont gagné la vérole qu'après la conception de l'enfant, il est certain que celui-ci sera moins affecté que dans les autres cas, parce que les semences qui l'ont formé n'étant point corrompues, le germe de la maladie ne doit point avoir des racines aussi profondes ( 3 ). » M. Baumes écrit (*) : « Mais c'est surfout quand le germe de cette horrible maladie (la syphilis congéniale) est dû à l'hérédité, que la nutrition, cette base de toute existence, est arrêtée, altérée, viciée dans sa source, etc., etc. »
(') Traité des syph., p. 137.
( 2 ) Mat. syph. des nouo.-tiés, p. 407.
( 3 ) Traité des mal. vén., p. 141.
(') Ouvr. cité, t. 1, p. 173.
J'ai tenu à vérifier s'il y avait dans cette croyance générale autre chose que l'une de ces inductions qui, dans les sciences naturelles, passent si aisément à l'état de vérité par cela seul qu'elles ne sont pas invraisemblables. Mais ce travail de contrôle offrait plus d'une difficulté. Pouvait-il porter sur l'état des enfants nés d'une mère infectée avant sa grossesse? Non; car, ici, l'influence de l'ovule altéré s'unissait à celle d'un sang contaminé servant d'aliment au fœtus, de sorte qu'on n'eût pu faire ensuite à chacune de ces deux causes la part qui logiquement lui était due. L'hypothèse à examiner avance deux faits : l'un, la malignité plus grande de la diathèse chez l'enfant qui est vérole de par la conception ; l'autre, sa bénignité relative chez l'enfant qui ne l'est que de par le sang qu'il reçoit de sa mère. Il fallait donc, pour en juger la valeur, mettre en regard ces deux catégories de cas, en se bornant, bien entendu, pour les premiers, à ceux où Y action du père est seule en cause. Cette double énumération successive paraîtra sans doute bien fastidieuse ; mais il s'agissait de substituer la réalité aux probabilités, et pour ce résultat, on doit le comprendre, il fallait plus de faits que de présomptions théoriques.
I re Série, montrant l'évolution de la syphilis chez les enfants qui ne la tiennent que de leur père.
Observ. de Bœhr. Le père avait fait un traitement général. — L'enfant demeure sain 3 semaine? : alors il est pris d'nl-