‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 75 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

Observ. de J. Starck. Pas de renseignements sur le traitement suivi ou non suivi par la mère. — L'enfant, née à terme et bien portante, eut plus tard un ulcère au voile du palais et des taches cuivrées sur diverses parties du corps. Néanmoins, sa santé était restée intacte jusqu'au 5 me mois, époque où l'auteur la vit pour la première fois. Elle fut guérie par le mercure.

Observ. de M. Depo.ul. La mère n'avait pas fait de traitement. — L'enfant, né à 8 mois, succomba le 15 rae jour, malgré l'emploi du mercure, à des lésions syphilitiques du côté de la peau et des poumons. L'éruption avait paru 2 jours après la naissance.

Observ. de Bertin (l rc observation). La mère n'avait pas fait de traitement. — L'enfant vint mort, à 6 mois.

Observ. de Bertin (3 me observation). La mère n'avait pas fait de traitement. — Elle avorta à A mois et demi.

Observ. de M. Michon. La mère n'avait probablement pas fait de traitement. — L'enfant, née à 7 mois, ne vécut que 3 jours. Elle offrit dès sa naissance des plaques muqueuses et des pustules rouges, brunâtres, cuivrées sur les jambes et les bras, les petites lèvres ulcérées, des onyxis à tous les doigts et à tous les orteils.

Le lecteur a maintenant devant lui les pièces du procès. Cette double série lui montre, la première, la vérole infantile dans ses conditions étiologiques les plus graves, selon les auteurs ; la seconde dans son origine, d'après eux, la plus innocente. Il peut, en en pesant les circonstances, en calculant l'influence du traitement soit sur le père ou lanière, d'une part, soit sur l'enfant, de l'autre, tirer de ce parallèle une opinion que j'aime mieux lui avoir facilitée que dictée.

S'il fallait, cependant, exprimer celle qui est résul-

tée pour moi de la confrontation attentive de ces deux tableaux, je serais porté à conclure :

1° Que, sous le rapport de la gravité absolue, ils offrent une égalité qui ne pourrait que difficilement être plus parfaite, puisque celui des pères offre cinq enfants morts sur dix cas, celui des mères quatre sur neuf;

2° Que, quant au laps de temps écoulé entre la naissance et l'éruption des premiers symptômes, la parité existe encore à peu près. Les syphilis dès la naissance, les incubations de deux à trois et quatre jours, celles de trois semaines, se remarquent, en effet, et presque en même proportion, dans l'une comme dans l'autre catégorie. Cependant les cas de syphilis dès la naissance sont sensiblement plus nombreux chez les enfants contaminés par le père ;

3° Que, pour ce qui est de la nature des symptômes, jugée par leur aspect, la ressemblance est aussi exacte que possible. Les ulcères, les taches cuivrées, les plaques muqueuses, les pustules, le pemphigus se retrouvent de l'un et de l'autre côté. Il faut cependant remarquer que l'avortement ou l'accouchement prématuré sont plus fréquents dans les observations de la seconde classe. Sur huit cas trois fois seulement l'enfant est né à terme; tandis que les dix cas de la première n'offrent qu'une seule fausse couche à huit mois. On dirait que l'infection syphilitique, survenant durant le cours de la grossesse, cause au fœtus une perturbation plus dangereuse parce qu'elle est subite, et qu'il la supporte mieux, au contraire, lorsque l'em-

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