‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 76 sur 204 · PARTIE 11. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE 11. DESCRIPTION

bryon a pu, dès les premiers jours, s'accoutumer à son influence. Ce serait, entre ces deux variétés, au point de vue du pronostic, la même différence qui, pour la gravité, sépare une maladie aiguë, intercurrente, d'une diathèse qui se développe avec l'individu et l'affaiblit peu à peu, mais sans le tuer soudainement ;

4° Que les deux espèces de cas témoignent d'une façon égale du pouvoir du mercure pour atténuer l'affection des enfants, quand il a été donné aux parents entre le moment del'infection et celui, soit de la conception, soit delà naissance. En suivant, dans chaque série, l'ordre que nousy avons établi, on voit, pour ainsi dire, la syphilis devenir de plus en plus grave, selon que l'on passe des cas traités par le mercure à ceux où il fut administré à dose insuffisante, puis à ceux où on l'omit tout à fait.

En résumé, je ne veux point nier que les symptômes n'aient été un peu plus précoces, les désordres un peu plus profonds, leur évolution un peu plus rapide chez les enfants de la première classe. Mais avec deux séries réalisant comme celles-ci, si l'on en croit les lois posées par les auteurs, les deux extrêmes en fait de gravité, est-ce à une aussi légère, aussi imperceptible différence qu'il fallait s'attendre? En mettant à dessein d'un côté les cas que, pathogéniquement, ils présentent pour toujours très*graves, de l'autre ceux qu'ils annoncent comme constamment bénins, devait-on présumer que leurs analogies frapperaient plus que leurs dissemblances? — La conclusion de ce rapprochement

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est, si je ne me trompe, la négation formelle de tout ce qui avait été avancé sur la diversité profonde de la syphilis infantile d'après la diversité de ses sources.

D'ailleurs, ces déterminations par prévision, dont je viens de montrer expérimentalement le peu de solidité, ne concordent pas même, théoriquement, avec l'idée qu'on doit se faire de la puissance syphilitique considérée dans les conditions qui expliquent ses variations d'intensité. Si, au moment de la conception, la diathèse, chez les parents, était en action et non latente; si elle n'avait point jusque-là été combattue parle mercure; si elle était dans toute la force de la période secondaire ; si l'enfant a un tempérament lymphatique ou s'il offre une grande ressemblance avec celui de ses géniteurs infecté, alors la maladie sévira sans doute sur lui avec plus de force que dans les circonstances opposées. C'est sur ces éléments, non sur d'autres, que le pronostic devrait se fonder ; mais , malheureusement , la plupart des observations n'en font pas assez exactement mention pour qu'on puisse les faire entrer en ligne de compte et prouver statistiquement la part de chacune d'elles. 11 est seulement permis de présumer que la raison des différences de gravité entre tel ou tel cas de syphilis congéniale se trouve là plutôt que dans l'invasion chez les parents de la diathèse avant ou après la fécondation. Je vais, d'ailleurs, essayer de mieux préciser ce point.

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