‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 78 sur 204 · PARTIE II. DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PARTIE II. DESCRIPTION

de la grossesse. Le mari n'avait eu aucun symptôme constitutionnel; la femme rien que des papules cuivrées sur le front et des ulcérations aux amygdales. — Certes le défaut de rapport est ici bien frappant entre l'éruption profonde tertiaire de l'enfant et la syphilide superficielle et si récente de la mère.

Si l'on voulait considérer comme tertiaire la suppuration du poumon, son étiologie ne prouverait point non plus en faveur de cette loi ; car dans l'un des cas de ce genre observés par M. Depaul, l'infection provenait du père, qui ne l'avait contractée que deux mois avant la conception, et est spécialement signalé comme n'ayant eu à ce moment-là que des accidents secondaires. Dans l'autre cas, la maladie provenait de la mère; elle l'avait prise à deux mois de grossesse, et n'offrit, lors de l'accouchement, d'autre phénomène de syphilis que des plaques muqueuses de la vulve.

Serait-ce dans le pemphigus qu'on chercherait un symptôme tertiaire ? Ici encore les .exemples de cette éruption chez des enfants conçus durant la période secondaire de leurs auteurs ne manqueraient pas. M. P. Dubois a observé un pemphigus mortel, suite de l'infection survenue chez la mère seule et seulement au cinquième mois de la grossesse. M. Galligo l'a aussi vu transmis à l'enfant par une femme qui n'avait que des symptômes secondaires. M. Bertherand en a vu un général chez un nouveau-né dont le père, seul malade, n'avait eu aucun autre symptôme syphilitique qu'une éruption de petits boutons guérie par deux litres de rob de Laffecteur.

Enfin le premier fait de M. Dcpaul mentionne aussi l'existence de suppuration dans le thymus, quoique l'infection de la mère fût toute récente et n'eût certainement pas dépassé la période secondaire.

Abordons maintenant la deuxième question : Des parents étant manifestement tertiaires, quels symptômes présentera leur enfant? J'avoue n'avoir trouvé à cet égard qu'un nombre défaits extrêmement restreint. En voici d'abord un probant en faveur du rapport entre les accidents des parents et ceux des enfants :

Un homme infecté sans ressource ( J ) épousa une fille qui consentit à ce mariage, disant qu'avec le bien qu'il lui apportait elle aurait de quoi se faire guérir. Le mari mourut au bout de quelques mois. La jeune femme accoucha d'un enfant couvert d'ulcères, de galles, dont il n'a pu se débarrasser qu'à l'âge de 16 ans. La mère succomba, quelques mois après ses couches, aux suites de la maladie vénérienne.

Voilà un fait affirmatif. En voici maintenant un négatif. Mais rappelons d'abord que, bien qu'en petit nombre , ces derniers valent beaucoup plus pour ébranler la loi que les premiers pour la soutenir ; car, relativement à ceux-ci, on peut alléguer avec raison que la ressemblance entre les symptômes du père et ceux du fils "peut résulter du hasard et n'implique point absolument une nécessité physiologique.

Madame V..., atteinte d'une syphilis consécutive ( 2 ) carac-

(') Rosen, Mal. des ouf., p. 540.

( 2 ) Bertin, ouvr. cité, p. 101. — Qu'on ne riisepns que l'effet du

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