PARTIT. II. — DESCRIPTION
térisée par des pustules eroiïteuses sur tout le corps, de douleurs ostéocopes qui la privaient du sommeil, fut traitée pour ces accidents à partir du 7 e mois de sa grossesse. Elle mit au jour un garçon grêle et faible, qui présenta en naissant des taches pustuleuses aux fesses et aux cuisses.
En somme, je ne fais aucune difficulté d'en convenir, la statistique ne peut jusqu'ici fournir à cette solution que des éléments insuffisants. C'est donc un débat dont l'instruction se poursuit ; et il serait prématuré de vouloir pénétrer le sens dans lequel l'avenir le décidera. Une considération me frappe cependant ; et je la puise aussi dans l'expérience, mais dans l'expérience plus largement consultée. En compulsant les observations où des parents syphilitiques ont eu successivement un grand nombre d'enfants, on remarque que, même en l'absence de tout traitement général, la maladie sévit plus fortement sur les aînés, qu'elle s'adoucit ensuite à mesure que ses victimes se multiplient. A la première couche un avortement a eu lieu à cinq mois; il est moins hâtif à la seconde. La troisième donne un enfant à terme, mais faible et non viable ; le quatrième nait avec une constitution plus résistante. De même, pour la gravité des lésions, on voit les accidents apparaître plus rapides, plus sérieux
traitement a atténué l'influence de là maladie sur l'enfant. 11 pouvait rendre chez lui les symptômes moins intenses, mais non en substituer de secondaires à des tertiaires. Car, ainsi que le remarque M. Bassereau, si sa loi est exacte, l'enfant conçu par un parent tertiaire est nécessairement exempt à sa naissance des symptômes secondaires par lesquels ce parent a passé.
lo4 DE LA SYPHILIS DES NOUVEAU-NÉS.
sur un premier enfant, s'affaiblir peu à peu sur les suivants, et ne plus affliger les cadets que par des attaques comparativement légères et tardives (').
Or, qu'exprime cette décroissance habituelle sinon le peu de fondement de l'hypothèse que j'examinais tout à l'heure? Sans doute, je ne voudrais point appeler syphilis tertiaire toute syphilis ancienne ; car il ne m'échappe point que chez plusieurs sujets les accidents secondaires se reproduisent, se perpétuent sous la même forme, sans jamais céder la place à des altérations plus profondes. Mais enfin, hors ces cas, quand la diathèse persiste plusieurs années, quand elle vieillit sans s'éteindre, c'est bien certainement alors qu'on la voit le plus souvent passer à sa troisième période ; c'est donc alors qu'elle devrait produire, si l'hypothèse était exacte, chez les enfants, des désordres de plus en plus semblables aux lésions caractéristiques de cette période. Eh bien ! le contraire a lieu : les prévisions de cette théorie sont donc démenties, puisque, à la place d'une aggravation progressive qu'elle présageait, on observe au contraire une diminution graduelle de l'impression diathésique sur la progéniture. Que conclure de ceci? tout au moins que les observations qui semblent la confirmer ne sont encore ni assez nombreuses, ni assez précises pour balancer le poids des considérations qui autorisent une solution différente.
(') Ces remarques seront amplement justifiées dans la 3 e parlie de ce travail par des observations multipliées.