PARTIE 11. DESCRIPTION
autour des ongles. Au bout d'un an, elle eut un second enfant, âgé maintenant de plus de deux ans et qui se porte bien.
Peu de temps après l'avoir sevré, elle vit se développer sur elle trois tuméfactions, l'une à la clavicule gauche, la seconde en dedans du muscle sterno-mastoïdien droit, la troisième près du coude du même côté. La première ne tarda pas à s'abeéder, et l'ouverture se convertit en une large ulcération.
Cette femme, après cinq mois de maladie, entra à l'hôpital. On reconnut à l'endroit indiqué une ulcération à bords rouges, taillés à pic, à fond grisâtre. Elle portait, en outre, une exostose douloureuse sur le tibia gauche. On ne put découvrir aux organes génitaux de cette femme aucune trace d'une affection vénérienne primitive. Elle affirma n'avoir jamais eu d'autres relations qu'avec son mari, lequel, selon lui, n'avait pas été atteint de syphilis avant son mariage, et depuis s'était toujours bien porté. Mais elle savait que son père communiqua plusieurs fois la maladie vénérienne à sa mère, et que celle-ci en était atteinte lorsqu'elle la mit au jour. Le traitement mercuriel opéra promptement la guérison de l'ulcération.
On trouve encore dans Rosen (') l'observation d'une «jeune fille de onze ans, fraîche comme une rose, qui vit se déclarer chez elle le mal vénérien héréditaire par la tuméfaction et la suppuration des glandes du cou, du nez, la carie du palais et des ulcères rongeants au visage. »
L'ouvrage de M. Cazenave ( 2 ) sur les syphilides contient deux observations de maladie dénommée par lui syphilis héréditaire, et recueillies chez deux filles, l'une de neuf ans, l'autre de dix-huit (chez cette dernière les symptômes avaient commencé à l'âge de dix ans). Elles portaient des syphilides tuberculeuse et serpigïneuse qui avaient produit des désordres graves. Il fut impossible de constater la trace d'accident pri-
(') Malad. des enf., p. 843.
( 2 ) Ouvrage cité, p. 542.
mitif,dont l'âge où avaient apparu les phénomènes secondaires rendait d'ailleurs l'existence très-peu probable. La première fut guérie par l'administration du proto-iodure de mercure.
M. Trousseau a cité l'histoire d'une jeune fille de 19 ans, sur laquelle il reconnut lui-même, en 1826, un chancre de l'arrière-gorge. Elle avait eu, à 7 ans, des exostoses aux jambes , et pendant les 6 années suivantes , des douleurs nocturnes, qui ne disparurent qu'à l'époque de l'éruption des règles, mais revinrent depuis. Il y avait probablement là, dit M. Trousseau , une syphilis héréditaire ou acquise au moment de la naissance. Ces symptômes guérirent par le traitement antisyphilitique.
M. Sperino (') a vu une enfant née d'une mère morte de syphilis; cette enfant, bien portante jusque-là, quoique grêle et lymphatique, fut atteinte d'ulcération au palais, à l'âge de 11 ans. Traité seulement par les antiphlogistiques et les antiscrofuleux, l'ulcère ne fit que s'étendre ; et, après avoir détruit le voile palatin, il perfora la voûte osseuse. Ces altérations avaient mis deux ans à s'accomplir. Lorsque M. Sperino la vit, à 13 ans, elle était pâle, maigrie, expectoration purulente, toux presque continuelle; fièvre avec exacerbations le soir. 11 crut d'abord à l'existence de tubercules pulmonaires : mais l'auscultation démontra qu'il n'y en avait pas. — La lésion syphilitique étant diagnostiquée, on commença à opérer la syphilisation. Mais, malgré l'amélioration notable qui en suivit l'application, de nouveaux ulcères ayant paru au gosier après 4 mois de ce traitement, on recourut à l'iodure de potassium, qui, donné à la dose totale de 42 grammes, compléta la guérison.
Pour être aussi probants qu'ils peuvent l'être, les faits de cet ordre doivent remplir trois conditions, dont je recommande instamment aux futurs observa-
(') La si/ilizzuzione sludiala quai mezza, etc., ISoJ, p. iSi.