PARTIE H. — DESCRIPTION
sujets ne réalisent point le type classique de la scrofule. Non cependant qu'une telle différence soit toujours sensible, qu'elle existe constamment; car la scrofule héréditaire ou acquise, elle aussi, peut également se propager dans ces mêmes cas, en devenir une complication, et ramener alors l'expression symptomatique à sa régularité normale. Mais fort souvent des différences tranchées s'observent. Le désordre ne se borne pas, comme chez les scrofuleux purs, à des engorgements ganglionnaires, à des altérations osseuses, à des éruptions diverses. Ici c'est l'ensemble de toute l'économie qui a été atteint ; et il n'est pas une fonction qui n'en ressente l'effet, qui ne souffre ou languisse. Le développement physique est lent ou imparfait ; la digestion devient souvent laborieuse ; l'embonpoint, ce thermomètre de la santé du nouveau-né, ne s'élève jamais beaucoup au-dessus de zéro ; le teint est pâle, les chairs flasques; la dentition s'opère à travers mille orages; les cheveux sont rares, minces, décolorés. Plus tard, la puberté, crise heureuse pour d'autres organisations, devient chez celle-ci une occasion de nouveaux dangers.
Quant à l'état véritablement pathologique, des jetées presque incessantes sur les orifices muqueux, accon pagnées d'engorgements glandulaires et de croûtes laiteuses déflorent de bonne heure les grâces de la première enfance. La diarrhée, les catarrhes consécutifs à la coqueluche persistent ou récidivent avec une ténacité interminable. Le rachitisme, les gihbosilés,
s' ajoutent aux lésions caractéristiques du système osseux. Des convulsions ou quelques troubles plus sérieux de l'innervation se déclarent et reparaissent sans aucune cause appréciable. La face est ravagée par le lupus, le cuir chevelu par des éruptions cbroniques ; les maladies intercurrentes, même les plus étrangères à cet état, semblent lui emprunter un degré spécial d'opiniâtreté ou de gravité. ïroncin en avait déjà fait la remarque lorsqu'il écrivait : « Si l'enfant né de parents véroles ne meurt pas en naissant, la moindre des maladies l'enlèvera. »
Ce n'est pas tout à fait ainsi que MM. Maisonneuve et Montanier ont entendu cette filiation. Dans leur traité récent des maladies vénériennes ( l ) , ils établissent une ligne de démarcation tranchée entre la scrofule véritable et ce qu'ils désignent sous le nom de scrofuloïde. Ce dernier état serait propre aux enfants engendrés par des parents atteints d'accidents secondaires de vieille date ; ils demeurent maigres, à cheveux rares, à teint pâle, mat, un peu terreux, jusqu'à cinq, dix ou quinze ans; ils sont pris à cette époque d'une maladie des os, qui se distingue de celle qui a produit la scrofule, en ce quelle donne lieu souvent à des douleurs vives et rarement à de la suppuration. Les ganglions sont moins souvent affectés, dans la scrofuloïde. Les ophthalmies, le coryza et l'otorrbée en sont le cortège assez ordinaire. Enfin ce qui établit,
(') Traité prot. tlesmal.vmér., 1853, p. :t6S et 306.