PARTIE m. — PRONOSTIC
deux cas. les parents étaient atteints de syphilis : dans tous les deux, quelques-uns des enfants vinrent à terme avec des symptômes constitutionnels évidents : dans le premier, enfin, la nature vénérienne de ces accidents chez les enfants survivants a été démontrée par leur guérison au moyen du mercure.
Dans d'autres observations ce contrôle thérapeutique a été encore plus significatif; et l'on a pu voir une femme affligée d'avortements continuels ne mener de grossesse à bonne fin qu'après avoir détruit ou suspendu par le mercure la diathèse qui jusque-là en entravait le cours. En voici un remarquable exemple.
Ranking (*) connaît un jeune homme qui fut atteint de symptômes caractérisés par deux éminents chirurgiens de pseudo-syphilis. Il se maria; et sa femme contracta des tubercules muqueux au périnée, aux grandes lèvres et à l'anus. Guérie par un traitement local, elle devint enceinte et avorta à près de 6 semaines. Une éruption cuivrée parut alors : les antisyphilitiques furent administrés, mais très-incomplétement. Nouvelle grossesse ; avortement à 5 ou 6 semaines. Attribuant ces accidents à un état de faiblesse, elle va habiter la campagne, y devient encore grosse et accouche à 6 mois d'un enfant mort, avec Tépiderme partout soulevé. La chimère de la pseudo-syphilis, dit Ranking, sortit alors de son esprit. Le mari et la femme firent un traitement antisyphilitique de trois mois. Depuis lors elle a eu un enfant né à terme, et qui jouit d'une santé parfaite.
Un ordre tout différent de faits va nous fournir une preuve en sens inverse. Des parents prennent la sy-
(') Abslractof thc nvJ. seiwc", p. 2>i2.
philis. Ils avaient eu auparavant des entants vivants; ils n'en auront plus, dès lors, que de mort-nés. Cette influence est manifeste dans le cas suivant :
Un homme, dont Snow (*) a raconté l'histoire, « avait eu trois enfants très-bien portants. Il contracta alors la syphilis, la donna à sa femme. Tous deux l'eurent constitutionnelle, et ne lui opposèrent qu'un traitement incomplet. Devenue alors enceinte une quatrième fois, elle accoucha à terme d'un enfant mort. »
Enfin, et comme pour mieux faire saisir l'évidence de cette cause, la nature a parfois arrangé les choses de manière qu'une femme syphilitique accouche successivement d'enfants mort-nés véroles ou d'enfants sains, suivant qu'elle les a eus d'un homme syphilitique ou d'un homme sain.
Une femme accouchait à chaque grossesse, vers le 7 me ou le 8 me mois, d'un enfant mort qui portait des marques bien caractérisées de syphilis. Un dernier enfant vécut, mais fut atteint de vérole qui l'emporta dans sa première année. Son premier mari, qui lui avait donné la maladie, étant mort, elle eut d'un second époux une fille saine et bien portante, bien qu'elle continuât elle-même à souffrir de symptômes constitutionnels bien tranchés ( 2 ).
Groupés entre eux, ces faits jettent, ce me semble, sur le débat actuel une lumière qui ne permet de le
(') Hanking, loc. cit.
( 2 ) Journ. des Connaiss. médic.chirur., 2 S an., p. '283.