‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 96 sur 204 · PARTIE III. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE III. PRONOSTIC

Quant au fœtus, on trouve quelquefois sur lui les signes ou les vestiges de l'infection qui l'a fait périr. Dans d'autres cas on ne peut constater que l'imperfection relative de son développement. Mais parfois aussi tout indice de ce genre manque absolument. Ainsi :

M. Campbell assista dans Irois fausses couches successhes à 6 mois, une dame dont le mari avait la syphilis. Or, « les trois fœtus, dit-il, ne présentaient aucune altération, aucune différence, pour le degré de leur développement, d'avec un enfant sain qui serait resté un temps égal dans le sein de sa mère. »

§ 2. — Mort après la Daissance.

C'est une terminaison, non pas la plus habituelle mais très-ordinaire de la syphilis du jeune âge. J'avais essayé de déterminer par la statistique sa fréquence comparative : mais les éléments d'un calcul sérieux manquent absolument ici. Beaucoup d'auteurs ne rendent compte que de leur pratique d'hôpital, où la rareté de l'allaitement naturel ajoute à la maladie une cause de gravité étrangère à sa nature. Un plus grand nombre (et le consciencieux Bertin n'échappe pas entièrement à ce reproche) mettent trop aisément sur le compte d'affections intercurrentes la terminaison fatale. D'autres, enfin, font seulement mention de l'état de l'enfant et, une fois les caractères de la syphilis bien constatés, ne parlent plus des suites qu'elle a eues.

On prendra donc une idée plus exacte de la mortalité due à celte cause en lisant les observations déjà consignées dans ce travail et celles qu'il me reste encore à rapporter. Choisies parmi les plus complètes, elles éclaireront suffisamment sur l'époque de la mort, les désordres qui l'amènent, les influences accessoires qui peuvent la hâter, les circonstances qui l'empêchent ou la retardent.

Comme transition entre l'avortement et là mort de l'enfant ayant vécu, autant que comme exemple remarquable de cette dernière conséquence de la syphilis, je placerai ici le cas suivant :

M. Devergie (*) rapporte qu'un jeune homme ayant éprouvé des symptômes syphilitiques, se maria et eut successivement dix enfants, qui moururent subitement dès leur naissance par l'effet de la syphilis dont ils étaient atteints. Le père, ayant alors consenti à suivre un traitement qui dura dix-huit mois, il survint ensuite un onzième enfant qui a joui constamment d'une bonne santé.

Depuis la découverte récente des altérations spéciales du foie, des poumons, du thymus, qui coïncident avec les symptômes extérieurs congéniaux, on a voidu attribuer, comme règle, la mort à ces altérations viscérales. Elles y contribuent sans aucun doute souvent pour une forte part, mais elles n'existent pas toujours. Si le silence à leur égard des anciens auteurs qui ne les connaissaient point ne prouve rien quant à leur absence possible, il n'en est pas de même des

(') Proces-verbal du congrès de Nantes, p. 59.

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