PARTIE III. — PRONOSTIC
La même atténuation par degrés s'observe encore dans les effets du virus, lorsque, originairement plus faible , il ne frappe plus les enfants dans le sein de leur mère, mais s'exerce seulement après leur naissance. L'observation suivante en est un exemple des plus probants :
M. Lallemand (') fut appelé à donner des soins aux maries X... L'époux avait eu, quelques années avant de se marier, des chancres traités sans mercure. Sa femme présenta, peu de temps après, étant enceinte, une irritation aux parties génitales. Elle prit du mercure, mais en quantité très-insuffisante. L'enfant naquit bien portant et resta tel jusqu'à A mois; mais alors il maigrit, son corps se couvrit de pustules, et il mourut 2 ou 3 mois après.
La mère prit des ulcères à la gorge ; un nouveau traitement institué à cette époque demeura encore incomplet. Un second enfant ne commença à dépérir que vers le 5 me mois, et succomba ensuite avec une éruption générale. Troisième traitement de la mère.
Au bout d'un an, 2 me couche ; l'enfant a les mêmes accidents que le précédent. On soumet alors le père au traitement.
Quelques mois après, 3 me couche. A 4 ou 5 mois l'enfant eut à la peau des taches lie de vin, puis des pustules à l'anus. On le guérit par le mercure.
La mère eut une 5 me grossesse, pendant laquelle M. Lallemand la traita par le muriate d'or et de soude. L'enfant s'est bien porté ; il n'a eu que des croûtes laiteuses, dont il a guéri sans avoir besoin d'antisyphilitiques.
Elle a eu depuis lors un autre enfant qui n'a pas même été affecté de croûtes.
(') Juurn.univ. de méd., p. 27.
Pour tous les praticiens qui connaissent le peu d'efficacité des préparations aurifères dans le traitement de la syphilis constitutionnelle, il ne paraîtra que rigoureusement juste de rapporter surtout au bénéfice de la décroissance spontanée la bonne santé des derniers enfants, dont l'illustre professeur revendique tout l'honneur pour le muriate d'or. — Cependant, comme les nombreux quoique imparfaits traitements employés dans ce cas pourraient jeter quelques doutes sur sa signification, je renverrai les sceptiques au fait de Haase, mentionné ci-dessus (p. 220) qui montre, après trois fausses couches, un enfant mort-né à terme, puis deux enfants syphylitiques, et un dernier n'étant que scrofuleux, le tout né de parents qui n'avaient jamais voulu prendre de mercure; — à l'observation vingtseptième de M. Bardinet, où l'on voit une mère syphilitique mettre au monde successivement d'abord un enfant mort, puis un enfant qui offrit ensuite des pustules muqueuses; — à l'observation dix-septième du même auteur, où dans deux accouchements successifs, les deux enfants succombèrent tous les deux à la syphilis héréditaire, mais y ayant résisté, le premier 12 jours seulement, le second 1 mois.... Mais je m'arrête. Il serait superflu d'accumuler ici les faits à l'appui de cette thèse, quand il n'est pas un livre, pas un article de journal, pas un mémoire sur la matière où ils n'abondent et ne sollicitent, en quelque sorte, les regards du lecteur.
Je veux toutefois faire connaître d'une manière un