‹ Traité de la syphilisChapitre 45 sur 70 · MAIN RE · texte numérisé non relu

MAIN RE

sé À 1. Traitement des chancres. — pra os, ni

Letraïtément d'un chancré n’est pas la même chose que sa destruction ; it consiste, pk dans la nb a de l'ulcèré, mais dans la destruction

d LA

coït Lois 0h la Détris est très-rapidé, et le malade’ est à l'abri anatut nement général, ARTS

3% Loréqu’uni chancre a déjà duré un certain temps, et qu’il.est surtout accompagné, d'induration; la. cautérisation n'empêche; ni, ne favorise l'infection générale. Elle ne constitue plus ici une méthode abortive » 6t.ne peut tout au plus. servir, qu'à modifier Vulcère et à en hâter Ja; cicatrisation toujours utile, attendu que ,ce n’est pas, en raison de la rapidité c de cette cicatrisation , mais bien en raison de la persistance de l'induration que surviennent les accidents constitutionnels! ”

3° On à eu tort de dire 2 en cautérisant un charicre et en obtenant une eat trop prompte, on se privait d'un guide pour 1e traitement: Le seul guidé absolu fourni par l'accident primitif, c'est l'indüration; ür, quand Tindutation existe, la cautérisation, telle qu’on la pratique ordinairement, ne la détfuit pas.

: 4° Ceux-là même qui blâment la cautérisation yous disent: qu’à là suite des clian: cres, les accidents secondaires sontien raison de l'étendue, du nombre et de la durée de ces accidents primitifss.et. ils croiént, être logiques! en rejetant un moyen qui; dans leur doctrine même, diminue l'étendue des surfaces malades.et les limite, en abrégeant aussi la durée totale du mal local qui est le foyer permanent de l'infection, générale.

5° On a dit que la caütérisation favorisait le développement ‘des bubons. C’est une erreur qu'a accréditée le mince relevé statistique de Bell. Les rélevés journa-, liers faits sur un cadre immense à Vhôpital des vénériens \de Paris, donnent un démenti formel: à cette assertion: La éautérisation peut, cornme toute autre causé d'irritation, déterminer! des engorgements sympathiqués des ganglions lyÿmphatiques voisins ; mais les bubons wirulents:ne paraissent pas naître sous son influence, ils: obéissent à d’autres lois que nous examinerons plus tard. 6° Il est très-curieux de voir appliquer tous les jours la cautérisation au traitement de toutes les plaies envenimées : de la pustule maligne, du charbon, de la rage; de la voir aussi employer contre la petite vérole, dans les expériences sur le vaccin, etc. , ét qu il ne soit venu à la pensée de personne de lui attribuer les accidents généraux qui suivent le plus souyent, tandis que pour la syphilis, par un, privilége que, personne n explique, et dont on trouve pourtant la raison dans un défaut, d’obser-, vation, On à voulu trouver une exception qui ne saurait logiquement}, et:.expérimentalement exister, | 4 +. | fs "4 .. 9° Les trois moyens proposés par Hunter pour détruire rides le thancre, peuvent être ainsi formulés: | Son me €) a. Le nitrate d'argent taillé, en crayon ; constitue le moyen le ae Pas à applicable et qui suffit ARS la maladie est tont.à fait au début, quel que soit son. siége. . : gui | fi : LUE

+, La potasse CU Le ne dois à être employée que, lorsqu' on veut pénétrer. 250

avant dans des tissus profondément infectés; mais alors je préfère la pâte.de Vienne, plus facile à manier et surtout plus facile à limiter dans.son aglion!(“)u, son cul €. Quant à l'excision, lorsqu'on la pratique trop près du siége du .chanore; Ja

(*) Formule dé la pâte de Vienne :

2% chaux vive........ cinq parties.

potasse à l'alcool... six parties.

de Ja disposition vénérienne de cet ulcère qui par là se trouve guéri , en tant qu’ulcère vénérien.

Les chancres peuvent être Un de deux manières différentes, soit par des applications externes, soit par des médicaments internes qui. agissent par l'intermédiaire de la circulation générale. Le même agent thérapeutique est nécessaire dans l’une et l’autre méthode, c’est le mercure.

J'ai démontré que la gonorrhée et le chancre présentent, la même disposition morbide, au point qu’ils PARC la même espèce de pus. J’ai fait remarquer aussi que le mercure n’a pas plus d’efficacité dans le traitement de la gonorrhée que tout autre médicament; de sorte qu’on pourrait supposer que le mercure ne doit pas avoir plus de vertu contre la maladie qui nous occupe. Cependant l'observation apprend que dans le traitement du chancre, le mercure est un remède spécifique, et que ce médicament guérit tout ulcère véritablement syphilitique. Mais comme les ulcères de cette nature peuvent être atteints de diverses autres dispositions morbides, il est souvent nécessaire de recourir à d’autres moyens thérapeutiques , ainsi que j'aurai occasion de le dire. L'action du mereure doit être la même, de quelque manière qu’on l’administre, car il doit exercer son influence sur les vaisseaux de la partie malade; seulement il agit extérieurement dans une méthode et intérieurement dans l’autre (*).

L’onguent mercuriel est le topique qu’on emploie ordinairement dans le traitement local du chancre. Cependant , si le mercure était combiné avec un excipient aqueux au lieu d’un corps.gras, le médicament se mélant avec le pus resterait appliqué plus longtemps sur la surface de l’ulcère, et agirait avec plus d’efficacité : tel est avantage que les cata-

plaie reprend bientôt les caractères de l’ulcère virulent. Lorsqu'on fait l’excision complète d’un chanere induré; ou seulement l’extirpation d’une induration après la cicatrice du chancre, la plaie peut encore passer à l’état d’ulcère spécifique, et une nouvelle induration survenir; mais dans tous les cas, même ceux où il n’y a pas d'ulcère consécutif et où la plaie se cicatrice comme une plaie simple , l’excision de linduration ne prévient pas les autres phénomènes de l’empoisonnement général. L'étude des plaies récentes et anciennes dans le voisinage des chanceres, et l’excision de ceux-ci étudiée dans leurs différentes variétés et à leurs diverses périodes, sont le sujet d'un travail que je publierai bientôt. : . P. Ricorp.

(*) On voit un exemple de ce fait de thérapeutique générale dans ce qui arrive pour certains organes dont les actions sont immédiates et visibles; le même effet immédiat est produit, soit qu’on applique le médicament localement, soit qu’on lintroduise dans l’économie générale, Par exemple, si l’on injecte dix grains d’ipécacuanba dans l'estomac d’un chien, cette substance ne tarde point à déterminer le vomissement; de même, si l’on injecte une solution de cinq grains d'ipécacuanha dans une veine, le vomissement est produit avant l’époque où l’on peut admettre que le médicament est parvenu aux vaisseaux de l’estomac. Une infusion de jalap injectée dans les veines produit des effets semblables à ceux qui sont ordinairement le résultat de l'introduction de ce médicament dans l'estomac et dans les intestins,

J. Huxrer,

DU CHANCRE. 441 plasmes présentent sur, les appareils ordinaires de pansement. J'ai souvent employé le mercure uni à quelque conserve au lieu d’onguent, et ce moyen m'a très-bien réussi. Le calomel, employé de la même manière , et les autres préparations mercurielles mélangées avec un mucilage quelconque ou âvec du miel, sont également avantageux. Les pansements faits avec ces substances amènent la guérison lorsque les ulcères sont purement vénériens; mais il est rare que la constitution soit entièrement libre de toute autre tendance morbide.

Il est des malades qui présentent une disposition indolente. Pour combattre cette disposition , il faut associer au mercure quelque baume excitant en petite proportion , ou la quantité de précipité rouge qui suffit pour stimuler sans produire la cautérisation ; quelquefois même ces deux espèces de médicaments sont nécessaires.

Le calomel, mêlé avec quelque onguent ou avec quelque autre substance qui le tienne en suspension, est plus actif que l’onguent mercuriel ordinaire, et se montre plus efficace dans les cas qui réclament des applications stimulantes.

On a recommandé plusieurs autres applications , telles que des solutions de vitriol bleu, de vert-de-gris, de calomel, avec lesprit de nitre dulcifié, et plusieurs autres.

Mais toutes ces substances n’offrent d'utilité que pour remédier aux dispositions particulières dont les parties peuvent être atteintes, car elles n’ont aucune action spécifique sur le poison yénérien, et comme ces dispositions sont innombrables, il est presque impossible de déterminer laquelle doit être efficace dans chacune de ces dispositions. Les unes réussissent dans certaines conditions des ulcères, les autres dans certaines autres conditions. Il arrive souvent que les parties malades sont douées d’une grande irritabilité ; dans ces cas, il est nécessaire d’unir au mércure l’opium ou les préparations saturnines, comme Ja céruse ou l’oxyde rouge de plomb, afin de diminuer l’action de ces parties.

Il est avantageux de renouveler souvent les pansements, car le pus sécrété par l’ulcère s’interpose entre le topique et la surface morbide, ce qui diminue ou. empêche l’action du remède. Dans beaucoup de cas, ce n’est pas trop de panser trois fois par jour, surtout si le topique a pour excipient un corps gras; car les substances de cette nature ne se mêlent point comme les topiques aqueux avec le pus, de manière à lui communiquer une partie de leur vertu, ce qui exercerait une influence salutaire sur l’ulcère. |

Il arrive souvent que les chancres, après avoir perdu leur disposition syphilitique, deviennent stationnaires , et même acquièrent des dispositions morbides nouvelles en vertu desquelles ils exercent de nouveaux ravages dans les parties où ils siégent, ainsi que j'aurai occasion de le dire ci-après. Quand ils deviennént seulement stationnaires, on peut souvent les guérir en les touchant légèrement avec.le nitrate d’argent fondu. On dirait qu’il faut que la surface qui a été infectée, ou le tissu nouveau qui se forme sur cette surface, soit détruite ou mo-

difiée, pour qu’une cicatrice s’y forme ; et © est une chose surprénante dans beaucoup de cas, que la rapidité avec laquelle ces ulcères se gué: rissent après avoir été touchés; une ou deux cautérisations peuvent suf-

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(*) 16 Bien qu’en général on ne doive pas pañser don trénhshiéne un élbbte j tit plaie, pour ne pas déranger le travail de cicatrisation, il: faut se garder de'suivre le même précepte pour le chancre à la période de progrès; ici, il faut se rappeler que la matière de la sécrétion devient une cause permanente de la maladie, et qu'il importe de ne pas la laisser séjourner. Les pansements seront donc répétés, selon l'abondance de la suppuration, trois ou quatre fois par jour. PUR

2° Comme il est de précepte, sauf le; exceptions que nous indiquerons plus tard, que les parties malades soient à découvert, il faudra avoir bien soin, pour les chancres cutanés, de ne pas 1 RUE se couvrir de FE sous lesquelles le pus croupit et creuse. 7 |

3° Tant que lé chanere reste À la période d’ulcération , il faut répéter la cauté< risatioù avec Île nitrate d'argent aussi souvent qu’à la chute des escarres produites, on retrouve, soit au fond de l’ulcère, soit à ses bords, les caractères qui appartiennent à cette période; mais dès que la réparation. a lieu, on doit ,s’abstenir de porter le caustique sur la partie en voie de guérison, tout en redoublant de soins pour en continuer l'emploi sur les points encore en progrès d’uleération spécifique,

4° Si les corps gras, en général, sont le plus ordinairement nuisibles dans le traitement du chancre, on peut dire que les pommades mercurielles en particulier, sauf les cas exceptionnels, le sont encore plus que toùs lés autres. Rien de plus commun que de voir les chancres se multiplier, s'étendre ou s'enflammer pr vi exempts d'induration, on les panse avec l’onguent mercuriel. F

5° Si, comme nous l'avons dit, il'est bon de ne pas laisser le pus du chaucte en contact avec la surface qui le sécrète, il est aussi bien avantageux d’en diminuer la sécrétion, La charpie sèche, qui formeen quelque sorte une éponge, remplit une de ces indications. Mais ün des traitements qui donnént les guérisons les plus, ra pides, les cures locales les plus promptes, c’est le vin aromatique d’après la formule du Codex. Voici la manière dont j'emploie ce médicament :

Les malades ont soin de bien laver l’ulcération avec ce liquide, sans cependant la fatiguer ou la faire saigner, ensuite ils la recouvrent d’un peu de charpie fine qui en est imbibée assez pour rester humide sans couler; car lorsqu'elle est trop mouillée, l'espèce de macération qui en résulte en retarde les bons effets. À chaque pansement, on à soin, pour détacher la charpie, de l’imprégner du même liquide, afin de ne pas déchirer les parties auxquelles’, en sé $échant un peu, elle pourrait adhérer.

Toutes les personnes qui suivent ma clinique, à l'hôpital des vénériens, ont pu se convaincre des bons effets de ce traitement, à la suite duquel, à moins qu'il ne soit; mal appliqué, 2! n’arrive jamais de chancres successifs, comme cela à si souvent lieu. avec les autres pansements, Le vin aromatique diminue la sécrétion purulente, tend à amener la cicatrisation en modifiant la surface de l’ulcère virulent, et, en agis-. sant sur les parties voisines comme astringent énergique , il les met dans l'impossi, bilité de s’imoculer.

Cependant j'ai rencontré des sujets chez lesquels la sécrétion continuait à être très-abondante, et alors les pansements faits avec la décoction vineuse dé tan ont parfaitement réussi. Lorsqu'il existe de la douleur, et que le vin aromatique l'augmente, en le faisant additionner de huit à dix grains d'extrait gommeux d’opium par once, il redevient encore le topique le plus avantageux. Il est bon de faire ob= server toutefois que parmi les sujets qui continuent à souffrir, chez les uns on fait

$ TI. Traitément du phimosis qui est un effet : (consécutif où concodi mitant du chancre.

D’après la description que j'ai faite du phimosis, on doit comprendre qu’il peut être de deux espèces : l’un naturel, auquel Ja ma-

disparaître les douleurs en augmentant la dose de d’opium , tandis que chez les autres il faut la diminuer. | Il est pourtant des cas où il faut suspendre momentanément le vin médicamenteux ou mêmé y renoncer complétement, C’est ainsi que chez quelques malades la suppurätion venant à se tarir, l’ulcère reste stationnaire; alors on doit employer pendant quelques jours un pansement avec une décoction émolliente ou du cérat opiacé; pour reprendre le vin ensuite: Chez d’autres, l’ulcère étant accompagné d’induraë tion, le vin accroît cette dernière, et la cicatrisation ne péut avoir lieu. Mais à part ces circonstances si faciles à saisir et à suivre, le moyen que je viens d'indiquer constitue la méthode générale de pansément à laquelle je donne la préférence, 6° Toutefois, lorsque da période de réparation arrive, tant qu’elle marche aveë régularité, äl faut continuer le pansement au vin, et ne reprendre la cautérisation que lorsqu’il devient nécessaire de réprimer des bourgeons charnus exubérants, Enfin il arrive souvênt qu’il ne manque en quelque sorte que l’épiderme pour compléter la guérison : la surface de l’ulcère, arrivée au niveau des partiés voisines, réste rouge et n’est presque plus couverte de sécrétion, et cependant l'ulcèré ne guérit pas. Alors l'application superficielle du nitrate d'argent, de manière à blanchir la surface sans cautériser en profondeur, suffit pour terminer la cure. 7° Dans le chancre régulier sans complications, le traitement local suffit, lorsqu’il ne laisse après lui aucune induration au point qui a êté affecté, On‘doit se contenter pendant ce traitement de faire garder au malade le plus de repos possible, et de lé soumettre à une hygiène en rapport avec sa constitution. En effet, sous ee point de vue, il ne faut pas de système absolu : un régime débilitant, la diète, les boissons délayantes, et l’appareïl des artiphlogistiques locaux et généraux qui sont indiqués chez des individus forts et portés à l'infldmmation, seraient on ne peut pas plus nuisibles chez des sujets faibles, lymphatiques et qui ont déjà souffer£ d’une mauvaise alimentation. Ici, on doit recourir avec soin à un régime tonique modéré, et, en général, à tout ce qui peut corriger les déviations du tempérament, ou remédier à un état maladif concomitant; car il faut se rappeler qu’une mauvaise constitution, ou des maladies actuellement existantes, sont la source des complications qui peuvent accompagner les chancres et de la marche vicieuse qu'ils peu ‘vent prendre. 1 2h Lorsque le chancre régulier est cicatrisé , que les tissus sur lesquels il siégeait sont complétement revenus à l’état normal, le malade peut, après SE jours dé guérison, se livrer de nouveau et sans érainte aux rapports sexuels. Il n’en est pas de même lorsqu'il reste des indurations sur lesquelles sé sont faites des cicatrices, qui, en se rompant, ne manquent pas de donner lieu à des récidives ; aussi faut-il, dans ces cas, recommander une continence absolue jusqu’à plus parfaite guérison: ‘Mais maintenant examinons, sous le rapport thérapeutique, les principales variétés que noùs avons admises dans le chancre. + 1° Chancre larvé. = Lorsque l’urètre est Le siége du chancre, que des symptômes de blennorrhagie aiguë l’accompagnent ét le compliquent, c’est au traitement antiphlogistique qu’il faut d’abord recourir, Sangsues au périnée, au pénil, bains locaux émollients, opiacés, bains généraux, boissons abondantes. Il faut que le mala de évité les érections, qui, en distendant les surfaces malades, les éraillent, les déchi-

ladie vient se surajouter; l’autre, produit par la maladie. Le premier peut être augmenté par la maladie; s’il n’en est point ainsi, il n’est pas

rent et augmentent l’ulcération. Pour cela, je lui fais prendre tous les soirs deux des pilules suivantes : | | 2% Camphre pulvérisé.......... ij.

Extrait ggmmeux d’opium.... gr. viij.

Mucilage, nc sets 0000 Mélez pour seize pilules.

Si de petits abcès se forment sur les points du canal qu’occupe le chancre, il faut avoir soin de les ouvrir de bonne heure; enfin, quand les complications inflammatoires sont calmées, on fait pratiquer dans l’urètre des injections de vin aromatique, d’abord étendu de partie égale de décoction de têtes de pavots, puis pur, sil ne produit pas d’irritation. On peut souvent, dès le début, quand les symptômes blennorrhagiques ne sont pas trop intenses, avoir recours à la cautérisation avec le nitrate d'argent, porté à l’aide de l'instrument de M. le professeur Lallement, de Montpellier; cette cautérisation de l’urètre devient très-avantageuse quand la blennorrhagie est calmée, ou que le chancre existe seul, et elle agit ici comme dans les cas de chancres extérieurs.

Lorsque le chancre a son siége à l'entrée du canal, et qu'il est visible, le traitement indiqué pour les autres chancres lui est tout à. fait applicable; seulement il est très-utile, dans les cas où les malades peuvent le supporter, de faire tenir un petit cylindre imprégné des matières du pansement entre les lèvres du méat urinaire pour les empêcher de se toucher. -

Quant à la blennorrhagie qui dans ces circonstances accompagne le chancre, elle disparaît avec lui, lorsque seul il en est cause, ou cède autrement aux antiblennorrhagiques, qu’il faut en même temps employer quand elle constitue une affection concomitante. j

Dans les cas où les chancres siégent dans les profandèuss du vagin, sur le col utérin ou dans sa cavité, on doit les mettre à découvert à chaque pansement avec le speculum, pour les cautériser et y faire les applications topiques nécessaires. Quant à ceux de la partie inférieure du rectum et de l’anus, ils réclament les plus grands soins de propreté et des pansements répétés, surtout après les garde-robes, qui doivent être rendues faciles par tous les moyens possibles, et qu’on doit toujours faire précéder autant qu’on le peut d’un quart de lavement fortement mucilagineux, pour que des matières trop dures ne viennent pas érailler les parties malades. Ce ne serait que dans le cas où la canule, du reste en gomme élastique, produirait plus de douleur que le passage des fèces, qu’il faudrait renoncer à ces soins presque ” toujours indispensables. Les pansements seront ici maintenus à l’aide d’une petite mèche, portés par des injections, ou seulement appliqués à plat lorsque la présence d'un corps étranger dans le sphincter pourra déterminer trop de spasme et de douleur. Il faut bien se garder, comme nous l'avons vu faire, de preudre des ulcères de cette nature pour des fissures simples, et d’en pratiquer l’incision, qui ne manque pas d’étendre la maladie,

2°, Chancres superficiels. — Dans la majorité des cas, ces chancres ne présentent aucune indication particulière. Lorsqu'ils siégent sur le gland ou le prépuce, et qu’en même temps il y a des symptômes de balanite, on peut les confondre avec les érosions simples qui accompagnent cette inflammation catarrhale, quand ils ne sont point indurés; mais il suffit alors d’une cautérisation superficielle et de l’interposition d’un linge fin entre le gland et le prépuce, pour les faire disparaitre en peu de jours; s'ils résistent, on leur applique le traitement complet indiqué plus haut.

DU CHANCRE. 445 aussi pénible que le second. Le phimosis qui est entièrement un effet de la maladie, ainsi que je l'ai dit, dépend d’une condition particulière

3° Chancres indurés. — L’induration, l’un des caractères essentiels du chancre classique huntérien, est une condition qu'il ne faut jamais perdre de vue sous le rapport du traitement; car s'il est incontestable qu’on puisse le guérir par une foule de moyens ou que même la guérison se fasse quelquefois seule, il n’en est pas moins vrai que le plus souvent, après la cicatrisation, la dureté persiste, et l’on sait alers ce qui peut arriver. Le plus fréquemment dans ce cas, non-seulement l’induration, tendant à s’accroître, s’oppose à la cicatrisation, mais encore, en détermipant cette gangrène particulière dont nous avons parlé, elle donne à l’ulcération la forme phagédénique. Il est rare que beaucoup d’inflammation ou de douleur complique cette forme; aussi est-ce plutôt à l'induration que doivent en quelque sorte s'adresser les médicaments. Dans les circonstances les plus simples, les chancres indurés indolents doivent être pansés deux où trois, fois par jour, avec de la charpie fine sur laquelle on met une légère couche de la pommade suivante : 2 Poudre de calomel à la vapeur...,...., gr. vi. Pommade de concombre ou cérat opiacé. 3 ij.

Si la suppuration est forte, on fait précéder le pansement d’une lotion avec le vin aromatique. Si même elle reste trop abondante, on fait le pansement avec le vin seul.

Mais s'il y a de l’irritabilité nerveuse et de l’inflammation, que la gangrène moléculaire fasse des progrès, c’est à la solution concentrée d’opium qu'il faut donner la préférence jusqu’à ce qu'on ait ramené le mal à un état plus simple par l'emploi simultané des émollients et des artiphlogistiques, \

Dans le chancre induré d’un peu d’étendue, la cautérisation, qui ne peut dépasser les limites du mal, a beaucoup moins d’efficacité que dans les autres circonstances; mais cependant le nitrate d'argent trouve encore ici son application : il modifie favorablement la surface , arrête souvent les progrès de la gangrène, et dans la période de réparation réprime convenablement les bourgeons charnus, qui, dans cette forme, ont quelquefois de la tendance à devenir fongueux ou à végéter. On peut dire qu'ici le nitrate d’argent n’est nuisible qu’autant qu’il est mal appliqué.

. Quant aux pommades mercurielles employées contre les indurations après la cicatrisation , si elles réussissent souvent, il faut savoir qu’il est des circonstances dans lesquelles , appliquées plus particulièrement sur des surfaces muqueuses, elles ne tardent pas le plus ordinairement à produire de l’irritation et le retour de la période ulcérative, surtout quand on emploie l'onguent mercuriel rance.

Mais lorsque l’induration occupe une grande étendue, qu'elle accompagne un bubon virulent, par exemple, on peut encore par des moyens locaux en obtenir la guérison. Les caustiques profonds, la dissection des parties indurées, les trochisques escarotiques, devront être bien rarement employés, si on sait mettre à profit l'usage combiné du vésicatoire, pansé alors avec l’onguent mercuriel, et de la compression. Le traitement consiste à couvrir la surface indurée d’un vésicatoire de grandeur proportionnée à son étendue et à panser ensuite ce vésicatoire avec de l’onguent mercuriel double, en tettant par-dessus un cataplasme. Quand le vésicatoire est sec, si la tumeur a diminué, on en remet un nouveau jusqu'à ce qu’on arrive à un statu quo ; alors on comprime la partie, en unissant à la compression l’usage d’un liquide résolutif. On continue la compression à son tour tant qu’elle produit de bons effets, et on la suspend pour revenir au vésicatoire , dès qu’elle ne produit plus «rien, et ainsi de suite jusqu’à guérison.

Quoi quil en soit, si un traitement local bien dirigé amène assez souvent la gué-

de la constitution. Dans lun et Pautre cas, il est souvent: impossible d’appliquer un appareil de pansement sur les chancres qui ont leur siége à la face interne du prépuce.

tison complète des chaneres indurés, cefte guérison sé fait le plus ordinairement longtemps attendre pour n'être encore alors qu’imparfaite. La difficulté de guérir radicalement le chancre induré par les moyens ordinaires , et les bons effets des mercuriaux dans son traitement, ont été lès principaux arguments qui ont fait considérer ce chancre comme le seul type de la vérole primitive, et le mercure comme le seul spécifique à lui opposer: :

4° Chancres phagédéniques pultacës où diphtéritiques. 2 T1 faut étüdier avec soin les conditions qui peuvent donner liéu à cette variété: Souvent l'habitation du mälade est malsaime, froide et humide, et s’il la change, on voit le mal s'améliorer ; c’est ainsi que des chäncres contractés dans des pays chauds et transportés dans des elimats du Nord, s’aggravent si souvent d’üne manière effrayante, et que dans les conditions opposées, on les voit fréquemment atteindre avec rapidité un terme henréux.

Dans cette variété du chancre, on trouve le plus ordinairement quelque affection viscérale concomitante et sous l'influence de laquelle elle semble se développer. Ainsi que nous l'avons déjà dit, c’est le plus souvent un mauvais état des voies digéstives qui l’entretient où la favorise, et c’est alors contre cetté cause quil faut principalement agir; si on la laisse persister, où qu’une mauvaise médication Paggrave, il ne faut pas espérer guérir luleère syphilitique qu’elle tient sous sa dépendance.

En remplissant toutes les indications thérapeutiques que peuvent présenter d’autres états pathologiques, tels que les scrofules, le scorbut, les affections dartreuses, etc, qui accompagnent et compliquent souvent le chancre, dans la variété qui nous oecupe ici, il faut se garder d’attribuer la marche fâächeuse et rapide dé célui-ci à la naturé de la cause spéciale, à la plus grande intensité du virus; c’est une erreur commune et qui cause beaucoup de mal, en éngageant les praticiens, fauteurs exclusifs de ancienne doctrine, à recourir avec promptitude ét énergie à lusage du prétendu spécifique, ct à administrer le mercure à des doses Li ro à la force de la cause spéciale qu'ils veulent neutraliser. | ei

Qu’on se rappelle que le principe des maladies syphilitiques est toujours sdéitique, comme celui de la variole, et que les différences ne tiennent qu'aux conditions individuelles , et alors on fera pour les maladies vénériennes, comme pour toutes lés autres, de la médecine rationnelle.

Je puis affirmer, qu’à part un très-petit nombre d’exceptions, l'usage banal des pansements mercuriels et celui des préparations mercurielles à l'intérieur sont on ne peut plus nuisibles dans le chañcre pultacé ou diphtéritique, et cela d'autant plus que n'étant point accompagné d’induration, il $e éomplique davantage d’accidents inflammatoires et d’irritabilité nerveuse. Il n’est pas raré même de voir de ces ulcérations Sur le point de passer à la période de réparation, éprouver sous l’influénce de ce médicament de fâcheuses récrudescences, et des chancres, primitivement limités et réguliers, devenir phagédéniques par le seul fait d’un traitement mercuriel.

Quelle qu'ait été l'origine de la variété que nous étudions , qu’elle ait succédé à ün chancré de la peau, des muqueuses, où à un bubon virulent, la médication la plus favorable, celle qui ét le plus souvent et le plus promptement suivie de succès, consiste encore dans l'emploi combiné des cautérisations et des pansements avec le vin aromatique : ici les cautérisations doivent être profondes ét répétées dans quelques cas deux fois par jour pour suivre le mal dans sés progrès ; il doit én être de mêmé des pansèments, car la sécrétion, étant très-abondanté, doit ‘étre souvent

DU CHANCRE. 447 Il faut prévenir le phimosis, s’il est possible, C'est pourquoi au moindre signe, d’épaississemént. du prépuce, épaississement qui se

abstergée. Il est des malades. chez lesquels lulcération ne s’est fermée qu'après D emploi d’une sorte d'irrigation presque continue.

IL faut aussi avoir le soin de ne pas déchirer ou érailler les bords da à renouvelant

les pansements ; chaque écorchure s’inocule, chaque soulèvement de la peau favorise Pimbibition du pus virulent et une nouvelle étendue du mal. Quand Vinflammation locale est trés-vive, on a conseillé d'appliquer dans ces chancres quelques sangsues ; pour moi je suis très-sobre de cette pratiqué, dônt lés résultats sont loin d’avoir les avantages que quelques praticiens semblent lui accorder. Outre la difficulté de faire mordre ces animaux dans des points ulcérés, leurs piqûres sont une cause d’accroissement de l’ulcère dans toute la profondeur des tissus que la morsure a divisés. Toutefois s’il est rarement permis de mettre des sangsues dans le fond de l’ulcère lui-même, il faut encore plus se garder d'en’ appliquer auprès, car chaque piqûre que le pus vient à toucher forme une nouvelle ulcération. Lorsque l’inflammation locale nécessite une évacuation sanguine, les sangsues doivent être appliquées à une certaine distance dans des points non déclives, et leurs piqüres garanties ensuite par des Ccompresses imbibées d’eau blanche, de manière qu’elles soient à l'abri du contact du pus jusqu’à complète cicatrisation. Dans ce cas encore de complication inflammatoire, les pansements avec des décoctions émollientes et narcotiques, l'emploi des cataplasmes de fécules ou de semoule au lait, aidés de l’usage des bains tièdes, mucilagineux où de gélatine, ne tardent pas, avec une diète pro- ‘ portionnée à l’état général et local, le repos absolu et les boissons délayantes, à amener. “RENTEUX résultats.

Lorsque ces chancres sont accompagnés de beaucoup d’ixritabilité et de douleur, circonstances qui peuvent exister avec ou sans beaucoup d’inflammation, il faut, tant que ces conditions prédominent, avoir recours aux préparations opiacées, tant à l’intérieur que localement. Les pansements doivent être faits avec la solution sui- Yaute : :

2 Eau distillée de laitue..,. % vi].

Extrait gommeux d'opium, 3 j.

Et pie lorsqu'il existera en même temps de l’inflammation; dans le cas gantraire : l’opium sera uni au vin.

Mais ici encore, la cautérisation avec le nitrate d'argent constitue un puissant auxibe. Il faut bien se garder, en cédant à de fausses doctrines, de se laisser arrêter par la douleur ou l’inflammation. Le plus souvent le nitrate d’argent est le sédatif le plus efficace, et l’antiphlogistique le plus certain quand on sait bien l'appliquer. Tous les jours les élèves qui suivent ma clinique ont pu se convaincre de cette vérité, et voir les malades eux-mêmes réclamer la cautérisation. La douleur vive qu’elle excite au moment de l'application du caustique ne tarde pas à se calmer pour faire place à un mieux qu'on chercherait en vain par d’autres médications..…

À cette règle, quoi qu’on en dise, il y a peu d’exceptions, et l’on voit peu de < cas dans lesquels il faille. momentanément renoncer à ces moyens combinés pour avoir recours .à des pansements à l’aide de corps gras, et plus particulièrement de cérat apiacé.

st Cependant le chancre phagédénique peut continuer à faire des progrès; © ou rester Pi un séatu quo etne point marcher vers la guérison. Dans ces cas rebelles où on ne peut saisir la cause du mal, on a vu quelquefois réussir les cataplasmes faits avec

des carottes, la cire fondue chaude, les onguents digestifs. On a, eu recours aux

448 | DU CHANCRE. î reconnaît à la difficulté et à la douleur que l’on éprouve à le renverser, il faut mettre le malade au repos. Il est surtout avantageux pour le

caustiques les plus puissants, au beurre d’antimoine, à la potasse à l'alcool, au fer rouge appliqué d’une manière directe ou comme cautère objectif. J'ai employé avec succès la pâte de Vienne et des moyens bien moins violents, savoir, le vésicatoire et la poudre de cantharides. La

Toutes les fois que, malgré l'emploi du nitrate d'argent, des émollients, des antipblogistiques, des narcotiques, ou des pansements avec le vin, le chancre continue à faire des progrès, ou reste stationnaire, voici la médication que j’emploie : lulcération est-elle à découvert partout, j'applique dessus un vésicatoire, ou bien j je la saupoudre de cantharides; est-elle au contraire profonde, a-t-elle succédé à à un bubon virulent dont elle occupe le foyer, si la peau décollée est encore assez épaisse, j'ai également recours au vésicatoire, et en même temps à la poudre de cantharides introduite dans la cavité suppurante. Ce pansement est laissé vingt-quatre heures. Le lendemain on le fait avec de la charpie fine imbibée de vin aromatique, et on continue comme dans les chancres ordinaires. Sous l'influence de ce traitement, l’ulcération se déterge bientôt, et les bourgeons charnus de la période de réparation ne tardent pas à se moutrer; enfin s'il existait un foyer, il se remplit, et la peau se recolle. Cependant chez quelques malades, il faut répéter l'application du vésicatoire et de la poudre de cantharides; mais on ne revient au premier de ces moyens que . lorsqu'il n’a pas atteint son but au moment où il est sec, tandis que pour la poudre, on en remet tous les trois ou quatré jours, ét à ce qu’on voie se former des bourgeons charnu.

Si. le traitement dont il vient d’être question et qu'une expérience journalière m'autorise à recommander, venait cependant à échouer, et que la maladie continuât à faire des progrès, c’est à la cautérisation avec la pâte de Vienne qu'il faudrait donner la préférence, pour appliquer ensuite un des pansements indiqués, selon les : conditions locales après cette cautérisation.

Mais fréquemment dans le chancre phagédénique, qui nous occupe ici, les TL, de l’ulcération sont tellement décollés et amincis, que c’est perdre du temps que de chercher à en obtenir l’adhérence alors impossible. Ces tissus trop altérés Éorqut être détruits. Pour agir d'une manière efficace et prompte, il est important "établir des distinctions. Lorsqu'une ulcération a succédé à un abcès, il peut y avoir beaucoup de décollement et la peau peut être fort mince par le seul fait du séjour du pus et sans qu’elle ait pris la forme phagédénique dans le sens que nous attachons à cette expression ; tandis qué d’äutres fois elle peut avoir subi cette déviation. Dans le cas où cette forme phagédénique n’a pas lieu, quelle que soit l'étendue des tissus dont on a à faire le sacrifice, on peut employer l'instrument tranchant, et les ciseaux courbes de préférence , pour les réséquer nettement, de manière à donnér à la plaie la forme la plus favorable à la cicatrisation, en songeant à éviter le plus possible les . difformités qui, dans certaines régions, restent comme signes accusateurs indélébiles d’un mal dont on a toujours intérêt à cacher même d'anciennes atteintes. Mais lorsqu'on a affaire à une ulcération qui continue à s’étendre, dansles dispositions dontil a été question, l'emploi de l'instrument tranchant est on ne peut pas plus nuisible. Loin de limiter le mal, il l'aggrave et l’augmente, à moins qu’on ne le fasse suivre de la cautérisation de la plaie saiguante qu’on vient de produire; aussi vaut-il mieux, dans ces cas, avoir seulement recours au caustique, et toujours en prémière ligne à la pâte de Vienne. Non-seulement avec ce caustique on peut limiter nettement aussi les parties qu'ôn veut enlever, mais encore on court ia chance de détruire complétement la surface virulente ou tout au moins d’affranchir d’une inoculation trop rapide les

D U CHANCRE. 449 malade de garder le lit, parce que, dans la position horizontale , l’extrémité de la verge n’est pas aussi déclive et peut même être tenue élevée. Si

nouveaux bords de l’ulcère, par l'interposition d’une escarre et par une sorte de réaction vitale, dont l’absence, dans SL cas, est une des principales causes des progrès de l’ulcération.

Cependant, d’après ce que j'ai dit autre part, faut:il toujours ici renoncer aux mercuriaux et aux différents moyens conseillés comiue antisyphilitiques? S'il est absolument vrai que, dans la grande majorité des cas qui nous occupent, le mercure, les sudorifiques, etc., soient beaucoup plus nuisibles qu'utiles, il est pourtant des circonstances où seuls ils ont produit, de bons résultats: c’est un fait que prouve bien souvent encore la pratique de ceux-là même qui ont porté le plus de haine aux mercuriaux. Mais est-il possible, dans l’état actuel de la science, d'indiquer d’une manière précise les circonstances dans lesquelles le mercure, par exemple, est très-utile ou même indispensable? Pour moi, je ne connais aucun signe qui puisse les caractériser. Toutefois, si la maladie marche en dépit des moyens indiqués plus haut, en désespoir de cause j'ai recours au traitement si longtemps et si souvent regardé comme spécifique, d’abord en pansements, en applications locales, puis comme agent général, à l’intérieur ou par la peau, selon les circonstances, que nous examinerons plus tard; et alors, d’après les effets obtenus, les pansements seuls, le traitement général seul, ou les deux moyens

à la fois, sont continués s'il y a amélioration, ou suspendus si, sous leur influence, le mal empire. Dans les cas où on croirait, selon les anciens erreménts,

devoir débuter par les mercuriaux, ce que je ne conseille pas, il faut au moins bien se garder d’un eutêtement aveugle, et suspendre aussitôt qu’on voit des résultats

fâcheux. |

Quant aux autres agents dits antisyphilitiques, ils pourraient trouver leur emploi dans la nécessité des toniques généraux, des stimulants particuliers du tube digestif, de la peau, des voies urinaires, etc.; comine aussi bien souvent les adoucissants, les antiphlogistiques locaux .et généraux, sont parfaitement indiqués et seuls efficaces, dans les mains qui, libres de préjugés, savent convenablement les emploger.

5° Chancre phagédénique gangréneux par excès d’inflammation. — L’inflammation qui doune au chancre cette forme particulière doit être l’objet principal du traitement. Il faut,.et on ne saurait trop le dire, oublier un moment la cause première

du mal. Que d’accidents, en effet, n’avons-nous pas vus résulter, dans ces cas, du

traitement mercuriel appliqué d’une manière empirique, intempestive, et dirigé contre la cause spécifique, en dépit de la complication qui venait le contre-indiquer. Je le répète, l'élément à combattre, l’épiphénomène qui pour le moment constitue la maladie principale , C’est l’inflammation ; c’est contre elle que tous les moyens doivent être dirigés ; il faut qu'ils soient proportionnés à son intensité, Si, malgré les efforts d’une médecine rationnelle et sage, la gangrène survient, celle-ci ne réclame pas d'autre traitement que dans les cas ordinaires et étrangers à la syphilis. Ce n’est qu'après que ces accidents ont disparu, que d’autres indications se préseutent, laissant le chancre dans une des conditions déja indiquées et le plus sonvent remplacé par une plaie simple que les moyens locaux ordinaires conduisent à une rapide cicatrisation. |

Lorsqu'un chancre phagédénique, quelle que soit sa. variété, a perforé le frein, produit un trajet fistuleux, détaché des portions de parties molles en formant des ponts, il faut diviser ou exciser-les parties ainsi décollées , affectées d’ ulcération , et qui en se touchant s’eniretiennent dans uu état morbide, leurs conditions ne per-

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