DES BUBONS CHEZ LA FEMME
Les maladies du système absorbant qui sont la conséquence dé l’absorption du poison vénérien, s’observent chez là femme aussi bien que chez l’homme. Je n'ai vu qu’une seule fois les vaisseaux absorbants affectés chez une femme; mais ce chiffre présente à peu près la même proportion que pour les hommes, à raison de la différence du nombre des malades de l’un et de l'autre sexe auxquels j’ai donné des soins pour la maladie vénérienne sous toutes ses formes. La malade en question avaït une gonorrhée accompagnée d’un prurit intense et d’une cuisson trèsvive quand elle marchait ou s’asseyait, mais elle éprouvait très-peu de douleur en urinant. À lexamen des parties, je ne pus découvrir aucune différence entre ces organes et les mêmes parties parfaitement saines, si ce n’est que la grande lèvre du côté gauche était gonflée ou plus tendue que l’autre, et qu’un cordon dur, partant du centre de cette grande lèvre, se dirigeait en haut vers le pubis, marchait vers l’aine du même côté, et venait aboutir à une glande au niveau du ligament de Poupart. On ne pouvait percevoir ce cordon qu’en exerçant une pression assez . forte, qui déterminait une douleur très-vive.
Cette tuméfaction de la grande lèvre me pärut analogue à la tuméfaction du prépuce chez l'homme; de sorte qu’on pèeut penser que la cause doit être la même dans l’un et l’autre cas:
On est naturellement porté à supposer que ce qui a été dit au sujet de cette maladie quand elle envahit les glandes Jymphatiques chez Fhomme, doit s’appliquer entièrement à la même affection chez la femme, et qu’il ne peut rien sé présenter de particulier chez cette dernière. Mais chez la femme, la surface d'absorption est beaucoup plus étendue, et le trajet de quelques-uns des vaisseaux absorbants est différent. Il résulte de là que chez la femme le bubon peut occuper trois situations diverses, dont deux diffèrent complétement de celles que la maladie occupe chez l’homme, et, dans ces deux derniers cas, je soupçonne qu’elle occupe les vaisseaux absorbants.
La troisième situation des bubons chez la femme est semblable à celle qu'ils occupent chez l’homme; c’est pourquoi on y peut admettre une triple division comme chez ce dernier.
Chez la femme, lorsque des bubons se forment sans qu’il existe aucun chancre , il est plus difficile que chez l’homme de savoir s’ils sont vénériens ou non. Chez l'homme, en effet, lorsqu'ils se développent sans aucune maladie syphilitique locale, on peut constater l’absence d’unetelle :
DU BUBON. 487 maladie, et par conséquent le bubon ne peut étre vénérien, à moins qu’il n’ait été l’effet d’une absorption immédiate. Mais chez la femme, il est souvent difficile de reconnaître s’il existe ou non actuellement une maladie vénérienne. En conséquence, pour pouvoir déterminer la nature du bubon, il faut prendre en considération son mode de formation , sa marche, et les autres circonstances qu’il peut présenter. .
Lorsque les chancres sont situés antérieurement, auprès du méat urinaire, sur les nymphes, sur le clitoris, sur les grandes lèvres, ou sur le mont de Vénus, le pus absorbé est porté le long d’un des ligaments ronds ou de tous les deux, et les bubons se forment dans ces ligaments au niveau du point où ils pénètrent dans l’abdomen, mais jamais, je crois, au delà de ce point. Je soupçonne que ces bubons ne sont point glandulaires, mais qu’ils sont constitués par des vaisseaux absorbants enflammés; et s’il en est ainsi, c’est encore un fait qui vient appuyer l’idée qu'il n’ÿ a que des parties superficielles qui puis: sent être affectées par le pus vénérien absorbé. |
Lorsque les chancres sont situés postérieurement, auprès du périnée, où Sur le périnée même, le pus absorbé ‘est porté en avant le long de l'angle rentrant qui existe entre la grande lèvre et la cuisse, et arrive aux glandes de l’aine. Souvent, dans ce trajet, il se forme de petits bubons qui occupent les vaisseaux absorbants, et qui sont semblables à ceux de la face dorsale de la verge chez l’homme. Mais quand les effets du poison ne se limitent point ainsi, il se forme souvent des bubons dans l’aine; comme chez l’homme (*).
| (*) Bien que Hunter ait en quelque sorte touché du doigt du génie ce qui a trait à l’histoire des bubons, et que là où les observations lui manquaient il ait souvent prophétisé ce que l’expérimentation devait un jour mettre en toute évidence, il est des points cependant où, entraîné par les doctrines de son époque et les systèmes qu'il s'était lui-même imposés , il a dû s’écarter des bornes d’une observation rigourèeuse, où tout au moins tomber dans de fausses interprétations.
© Jé n’éntreprendrai point, dans le cadre d’une note, l'examen approfondi de tout | ce qui peut se rapporter à l'étude du bubon, dont je me suis occupé d'une manière spéciale dans mes recherches sur l’inoculation, mais je crois nécessaire de formuler d'une manière précise le résültat de mes observations, en tant qu’elles confirment ou réfutent les plus importantes propositions de Hunter.
Pour être bien rigoureux, on devrait, comme Hunter, ne donner le nom debubons syphilitiques qu'aux engorgements adéniques dus à l'absorption du virus vé— nérien. Cependant , dans l’état actuel de la science, et dans l'impossibilité de pouvoir toujours déterminer d'emblée la nature de certains engorgements glandulaires, on est convenu de ranger dans la classe des bubons vénériens non-seulement tous ‘ceux qui sont précédés d’accidents réputés primitifs, tels que le chancre et la blennorrhagie, mais même encore ceux qui n'ont eu pour antécédents probables que des rapports séxuels suspects.
En adoptant cette manière de voir, qui présente quelques avantages, on doit forcément admettre, pour les bubons, les variétés suivantes : |
1° Bubons syphilitiques primitifs, ou bubons virulents dus à l'absorption du virus
syphilitique. ,
a Ces bubons ont toujours pour antécédeunt obligé, un chancre placé sur une muqueuse ou sur la peau.
b Ils surviennent rarement dans les premiers jours de l’existence de l’ulcère syphilitique qui fournit le pus qui les détermine. C’est le plus souvent après le premier, ou mieux encore, après le second septenaire et plus tard, qu’on les voit arriver.
c Le siège particulier de l’ulcère syphilitique a une grande influence sur la production des bubons. Les chancres de la partie inférieure de la verge, comme l'avait observé Hunter, et surtout ceux des environs du frein, y donnent bien plus souvent lieu que ceux de toute autre région. Chez la femme, ce sont incontestablement les chancres des environs du méat urinaire qui les déterminent le plus ordinairement ; ce qui explique mieux que tout ce qu’on a pu dire, la différence de fréquence de cet accident dans les deux sexes.
d.Il faut des rapports anatomiques entre l’ulcère virulent et les extrémités des vaisseaux lympbatiques , pour que les bubons aient lieu.
e Les bubons virulents primitifs sont le résultat du passage direct du virus syphilitique dans les vaisseaux et dans les ganglions lymphatiques.
[ Le virus syphilitique traverse ordinairement les vaisseaux lymphatiques sans les infecter directement, mais quelquefois il s’y arrête et produit une angéioleucite virulente, ou bubon des vaisseaux lymphatiques, en tout semblable aux bubons adéniques.
g Il n’y a que les vaisseaux lymphatiques en rapport direct avec les ulcères virulents primitifs et les ganglions auxquels ils aboutissent qui puissent s infecter. Ces vaisseaux et ces ganglions peuvent être infectés isolément ou à la fois.
h L'infection virulente ne se transmet pas d’un ganglion à un autre par la voie des lymphatiques inter-ganglionnaires.
i D'après les lois af précèdent, et le siége ordinaire des ulcères qui donnent lieu aux bubons, il n’y a le plus souvent qu’un seul ganglion superficiel infecté. Mais on concoit très-bien qu’un chancre qui aurait acquis une grande étendue, pourrait avoir , en même temps, des rapports avec plusieurs bouches lymphatiques, et qu’ainsi un plus grand nombre de ganglions pussent être infectés à la fois : circonstance encore plus facile dans le cas de chancres multiples.
k Lorsqu'un vaisseau lymphatique ou un ganglion a subi l'infection virulente, il devient une cause d’irritation et bientôt d’inflammation simple, non spécifique, pour les ganglions voisins, soit de périphérie, soit des plans plus profonds. La même chose a lieu pour le tissu cellulaire péri-adénique,
{ Les inflammations spécifiques primitives et les abcès virulents qui ont aussi pour siége primitif le tissu cellulaire, ne peuvent avoir lieu qu'au voisinage d’un chancre et par filtration directe du pus virulent, ou imbibition.
m Le pus virulent n’éprouve aueune modification en traversant les premiers lymphatiques, et jusqu'aux premiers ganglions en rapport direct avec la surface qui la fourni. Au delà du premier ganglion, il perd le caractère distinctif des accidents primitifs, c’est-à-dire, la possibilité de s’inoculer. Les bubons virulents sont donc identiques aux chancres et ne constituent encore que des accidents primitifs.
n Si le pus virulent reste inoculable dans les vaisseaux lymphatiques et dans les ganglions, pour perdre ensuite ce caractère, il doit passer par d'autres voies, et ces voies dans lesquelles il se modifie sont celles de la circulation sanguine. De là, deux modes d'absorption du pus virulent que Hunter a eu grand tort de ne pas admettre et qui expliquent tout admirablement bien, savoir : l'absorption lymphatique qui donne lieu aux bubons virulents inoculables, et l'absorption veineuse qui va produire l’empoisonnement général ou la syphilis constitutionnelle, qui ne s’inocule plus, etn'a pas besoin, pour survenir, du développement préalable d’un bubon,
o Les bubons virulents, comme les chancres qui les précèdent, sont modifiés par les conditions individuelles dans lesquelles se trouvent les malades, ct non par les
qualités du viras qui est toujours le même.
p Lorsque le chancre qui a précédé un bubon n'est pas induré, celui-ci a plus de teudance à devenir inflammatoire et à suppurer, Le contraire a lieu quand le chancre est induré. |
g Le bubon n’est qu'un accident primitif de plus, et les accidents secondaires n'étant pas en rapport avec le nombre des accidents primitifs, la présence d’un bubon n’ajoute rien aux chances de l'infection générale.
r Sous le rapport de l'infection constitutionnelle, il importe peu que les bubons suppurent ou non. Ce qui a pu embarrasser les auteurs et donner naissance à des opinions dissidentes, c’est qu’on n'a jamais tenu compte des différences qui existent entre les bubons indurés, analogues aux chancres de même nature,etles bubons qui ue s’indurent pas, et qui, comme les chancres sans induration, sont plus rarement suivis d'accidents généraux.
Quand un bubon induré abcède, l'infeetion constitutionnelle n’en est pas moins fréquente, tandis qu’elle manque souvent lorsqu'un bubon, suite d’un chancre non induré , se termine par résolution, |
2° Bubons d’emblée. Les bubons d'emblée sont ceux qui n’ont pour antécédent que
- des rapports sexuels, sans aucune trace d'accidents primitifs.
a Les bubons qu’on pourrait rapporter à cette variété surviennent rarement avant
Ja seconde semaine qui suit le coït suspect; mais le plus souvent c’est beaucoup plus
tard, »
b Il est rare qu'un seul ganglion soit affecté; le plus ordinairement plusieurs sont pris en même temps, et plus particulièrement encore les ganglions profonds,
c On à supposé que les bubons d'emblée étaient dus à l'absorption du pus virulent déposé sur une surface saine, comme l’admettent Hunter et un assez grand nombre de syphilographes. Mais cette supposition est tout à fait gratuite, et ne repose sur aucun fait incontestable. | dSi l'absorption sur une surface cutanée intègre, ou sur une surface muqueuse dans les mêmes conditions, doit toujours être précédée d’une sorte d'imbibition des tissus, avant d'atteindre les absorbants, il doit y avoir de nécessité une ulcération des points dans lesquels l’imbibition s’est faite, l'expérimentation ayant rigoureuse= ment prouvé que du moment où on mettait du pus virulent en contact avec les jrarties placées au-dessous de l’épiderme ou de l’épithelium, il y avait de nécessité une action locale directe qui amenait l’ulcération.
D'un autre côté, en plaçant du pus sur une surface saine, et qui a pu rester telle malgré ce contact plus ou moius prolongé, on n’a jamais fait développer des bubons qui aient ensuite présenté les caractères du chancre, comme le font ceux qui sont la conséquence absolue de cet antécédent.
e Dans aucun cas de bubon rigoureusement d'emblée, il n’a été possible d'obtenir du pus inoculable, et jamais, dans ces circonstances, je n'ai vu survenir les accidents de la vérole constitutionnelle (*).
f Lorsqu'on sait combien il est facile de se tromper, ou de se laisser tromper par les malades, on s'explique aisément les cas qu’on a pu regarder comme offrant une exception à cette loi.
g Les bubons dits d'emblée sont ou des phénomènes accidentels de pure coïnci-
dence et dus à d’autres causes, ou simplement, dans certaines conditions, le fait
(*) Un auteur dont j'estime fort le savoir, M. Gibert, dit avoir obtenu du pus inoculable Et bubons d'emblée. Si cela était vrai, ce serait un argument de plus en faveur de l'inoculation dans les cas douteux ; mais mes expériences ont été trop nombreuses pour que je ne croie pas que M. Gibert s’est trompé souaété trompé. % Ï
d’un retentissement sympathique, à la suite de l'irritation des extrémités des absorbants pendant des rapports sexuels; comme à la suite de toute autre excitation sans spécificité.
3° Bubons benins. Bubons simples, non virulents, quoique précédés d'accidents vénériens primitifs.
a Ces bubons peuvent $e montrer à la suite d’un chancre ou d’une des variétés de la blennorrhagie.
b Ils sont plus prompts à se produire que les autres ; et äccompagnent ordinairement le début, ou la période aignë des accidents auxquels ils paraissent dus.
c Le mécanisme de leur production s'explique de trois manières. Ou bien ils sont Ja conséquence d’une inflammatien simple de proche en proche, à partir de l’extrémité d’un vaisseau lymphatique, jusqu’au ganglion où celui-ci aboutit; ou bienily à transport matériel de ‘pus non virulent dans un ganglion; où bien enfin, commé nôus l’avons admis ailleurs, il y a seulement retentissement sympathique. En effct, comme je l'ai dit plus haut, cès bubons ayant quelquefois un chancre pour antécédent, s'ils ne pouvaient pas se produire sympathiquement, il s'ensuivrait qu'ils seraient alots toujours virulents.
d Ainsi que les bubons d'emblée ; ils ne fournissent jamais de pus inoculable, et quand ils ont pour antécédent une blennorrhagie qui, de nécessité, ne s ‘inocule pas, ils ne sont jamais suivis de l’infectioh constitutionnelle.
e Quand une affection générale à lieu dans un cas où un bubon sympathique a accompagné un chancre, c’est à cause du chancre et non à cause du bubon.
&° Bubons secondaires syphilitiques, constitutionnels. Si la syphilis primitive peut affecter le système lymphatique, comme nous venons de le voir, lorsque l'éco-
‘ nomie tout entière a subi l'infection, différentes parties de ce même système PU être aussi affectées secondairement.
a Ces bubons otre secondaires Sont identiques, quant à leur nature intime, aux autres accidents de la vérole constitutionnelle, qu'ils accompagnent ou qu’ils précèdent souvent, comme dans les cas de ces engorgements des ganglions cervicaux qui se montrent chez quelques malades, bien avant les éruptions croùteuses si communes sur les téguments du crâne.
b On n'observe point ici, comme dans les bubons primitifs, le lien obligé, ou la succession entre un ulcère dépendant de la vérole constitutionnelle et un engorgement glandulaire, Celui-ci à pu précéder, comme je l'ai déjà dit, ou s’être développé dans une région où les rapports vasculaires directs ne sauraient exister.
c Des engorgements glandulaires peuvent se montrer pendant la durée d’une syphilis constitutionnelle, et rester tout à fait étrangers à sa cause, ou n'être qu’une conséquence locale consécutive, alors que le principe général dé la syphilis a été détruit. |
d Les buübons qui naissent sous l'influence de la syphilis constitutionnelle suppurent très-rarement, et jamais leur pus ne s’est inoculé, le pus des äccidents secondaires ne s’inoculant jamais.
Diagnostic différentiel. Hunter à raison de dire qu’il ne faut pas confondre avec les véritables bubons, toutes les tumeurs lymphatiques ou autres, qui pourraient siéger dans les régions qu'affectent habituellement ces accidents vénériens. Mais lès signes qu'il donne. suffisent-ils pour établir un diagnostic rigoureux ou même rationnel dans la plupart des cas ? non sans doute. Et cependant ce diagnostic est toujours très-important.
Le diagnostic est ou absolu, univoque, où simplement UE
Le diagnostic ne peut être absolu que lorsque la suppuration a eu lieu et que le pus est inoculable. Dans l’inoculation appliquée au diagnostie des bubons, il né
faut pas s’en laisser imposer par des circonstances fortuites, Un ganglion infecté peut déterminer l'inflammation phlegmoneuse du tissu cellulaire voisin. Si dans ce cas on prend du pus fourni par le tissu cellulaire au moment de l'ouverture d’un bubon, et avant qu'il soit mélangé au pus virulent, l’inoculation reste négative, tandis que, lorsqu'on prend le pus du ganglion infecté, l'inoculation a lieu.
Quand l’inoculation manque, il faut remonter aux antécédents. Il ne peut plus y avoir ici qu'un diagnostic rationnel, surtout si on a affaire à un bubon déjà suppuré et en voie de réparation.
Lorsqu'un bubon existe en même témps que, d’autres accidents primitifs caractéristiques , son diägnostic rigoureux n’est plus aussi important ou nécessaire. Il n’en est pas de même dans quelques cas de bubons réputés d'emblée, et dans lesquels les accidents précurseurs ont pu être cachés ou passer inaperçus GR E
Lorsque plusieurs ganglions voisins ou d’une même région sont pris de suppuration , il faut se rappeler qu’un seul peut être infecté, et que, tandis que le pus fourni par les autres reste sans effet, le sien est inoculable.
Lés éléments du diagnostic rationnel des bubons sont : leurs antécédents, leurs concomitants, leur siége, le nombre des ganglions affectés , leur marche et leurs terminaisons. D’après ce que j’ai dit autre part, il n’est aucun de ces signes qui, pris isolément, ait une valeur absolue, et de leur ensemble il ne peut tout au plus résulter que des probabilités.
Mais, envisagés d'une manière générale et collective, le diagnostic des bubons en eux-mêmes doit encore plus particulièrement porter sur leur état d’indolence ou d’acuité, d'isolement comme symptôme, ou de complication. On doit encore s'attacher à bien distinguer leur siége superficiel ou profond, la présence du pus, la nature du foyer après leur ouverture spontanée ou artificielle, l’état de la peau qui les recouvre et des tissus voisins; les conditions qui amènent l’induration, quand ils restent imdolents ou affectent cemode de terminaison, et les dégénérescences qui peuvent en résulter ; car de ces différentes circonstances ressortent des indications thérapeutiques importantes.
Sous le point de vue du pronostic :
Le bubon que précède un chancre sans induration suppure presque toujours.
Lé bubon qui suit un chancre phagédénique diphtéritique, revêt bientôt lui-même cette forme. | : Le bubon successif au chancre induré passe à son tour à l’état d'induration.
En général, les bubons suppurent bien plus souvent à la suite des chancres, que lorsqu'ils sont précédés par la blennorrhagie.
Les bubons,superficiels abcèdent infiniment plus souvent que les engorgements profonds.
Les ganglions arrivent rarement à la suppuration sans que le tissu cellulaire ambiant soit en même temps pris aussi. Dès qu’un ganglion engorgé, d'abord libre et mobile, devient adhérent à la peau et aux tissus sous-jacents, on doit craindre la suppuration , surtout lorsqu'il s’agit de l’état aigu. P. Ricorp.
(‘) Depuis mes expériences, répétées par un grand nombre d’observateurs, mon savant collègue ; M. Cullerier, qui en a reconnu la valeur, a récemment dit, dans un cas de médecine légale,
. » . . « . 0 FN: ,° 0 À qu’il n’émettrait une opinion absolue qu’après le criterium obligé de l’inoculation.